Quels sont les « peintres de Barbizon » que vous connaissez ?

Site-Bbz-OT-MUR_Peintres_20150515Qu’est-ce que c’est… UN « PEINTRE DE BARBIZON » ?

Ils étaient jeunes. Ils voulaient « peindre la Nature »…

Ils rêvaient d’une auberge pas chère… proche des plus beaux sites de la forêt de Fontainebleau, où ils pourraient travailler librement…
et rire, et chanter, et discuter d’art avec d’autres jeunes peintres…

Ils aimaient les arbres. Ils ont peint des arbres à toutes les heures de la journée… Ils aimaient peindre « des vieux chênes tout bancroches, et des rochers qui font la chaine »…Ils ont peint les effets de lumière du matin et du soir dans les sous-bois, …

Ils aimaient les animaux. Ils ont peint des chevreuils, des chiens de chasse, mais aussi des braconniers, des bucherons, des carriers au travail dans la forêt…

D’autres ont préféré peindre « la plaine de Barbizon ». Ils avaient quitté la ville pour retrouver la vie paysanne… Ils ont peint les travaux des champs, le retour des troupeaux au crépuscule, la peine et la prière des hommes , la beauté des ciels changeants de l’Ile de France…

Ils en avaient assez de peindre… des héros de la république romaine, des champs de batailles, ou des scènes mythologiques dans une nature convenue en carton-pâte… Ils ont préféré… peindre la vie simple des villageois, les fermières au travail, les animaux de la basse-cour, l’intimité du foyer…

Entre 1800 et 1870, ils sont venus de plus en plus nombreux à Barbizon. Ils ont attiré leurs amis. Ils étaient plus de 120 peintres installés dans un hameau de 80 paysans  !
Alors ils ont colonisé tous les petits villages autour de la forêt / ils ont essaimé les « colonies d’artistes » à Marlotte, à Montigny sur Loing, à Bois-le-Roi, à Grez-sur-Loing, à Moret…

Lorsqu’ils ont pu enfin… exposer dans les salons officiels et vendre leur peinture, leur renommée a attiré du monde entier des nouveaux jeunes peintres paysagistes de Roumanie, de Hongrie, de Suisse, d’Amérique, de Suède, du Japon…Ils ont empli les musées du monde entier avec la douceur des paysages d’Ile de France.

Ils ont appri aux jeunes peintres impressionniste à  » éclaircir leur palette » et à capturer les »effets changeants de la lumière. »
Ils ont bouleversé Van Gogh et Cézanne. En allant « surprendre la Nature chez elle’ ils ont changé l’histoire de la peinture.

C’était… LES PEINTRES DE BARBIZON. Sachez les reconnaitre quand vous les verrez passer en salles des ventes !

liste alphabétique des principaux artistes

La plupart de ces noms ( liste établi par Roger Karampournis ) sont probablement inconnus pour vous.
Beaucoup de ces peintres, qui furent appréciés à la fin du XIXe siècle, ont été oubliés en France, éclipsés par la célébrité croissante des impressionnistes, puis de l’art contemporain…

Mais si vous êtes un habitué des salles des ventes, lisez attentivement cette liste !

NB-Vente tableau répugnant
Beaucoup de ces « petits maîtres » sont en train de sortir de l’oubli : ils sont souvent très aimés à l’étranger, aux USA, au Japon, à Londres, en Suède ou en Europe centrale, parce qu’ils ont rempli les musées nationaux et qu’ils ont inluencé, et souvent fondé, les écoles nationales de peinture.

Ne manquez pas une bonne affaire, ou simplement le plaisir de mettre dans votre salon un beau tableau, une charmante évocation de notre campagne d’Ile de France.

Et bien sur, vous pouvez aussi faire de très heureuses découvertes dans les galeries d’art de Barbizon…

LES PREMIERS PEINTRES venus à Chailly-en-Bière et Barbizon…

Lazare Bruandet -chasse au cerf
Lazare Bruandet -chasse au cerf

Lazare Bruandet   —     1755 – 1804
Stamati  Bulgari   —  1777 – ?
Achille  Michallon   —  1796 – 1822
Isidore Dagnan  —  1794 – 1873
Claude Félix, dit Caruelle d’Aligny — 1798 – 1871
Alexandre Decamp   —    1803 – 1860
Camille Flers   —   1802 – 1868
Paul Huet   —  1803 – 1869
Louis Cabat   —   1812-1893

Barbizon Diaz-CADRE

1830-1875 – Les grands maitres de Barbizon

Jean-Baptiste Camille COROT  — 1796 – 1875
Jean-François MILLET — 1814-1875
Théodore ROUSSEAU — 1812-1867
Charles JACQUE — 1813-1894
Narcisse DIAZ DE LA PENA —1807-1876
Louis-Antoine  BARYE  —1796-1875

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 …mais n’oubliez pas tous ces excellents « peintres de Barbizon »…

Belly (Léon Auguste) — 1827 – 1877

Boulanger (Louis)  —  1806 – 1867

Brascassat (Jacques)  —  1804 – 1867

Breton (Jules)   — 1827 – 1905

Chaigneau (Ferdinand)  —1830 – 1906

Ciceri (Eugène) —  1813 – 1890

Daubigny (François, Charles) — 1817 – 1878

Daubigny (Carl, fils du précédent) —1846 – 1886

Dupré (Jules)  — 1811 – 1889    

Dupré (Julien, fils du précédent) — 1851 – 1910

Dutilleux (Constant) —  1807 – 1865

Français (Louis)   —   1814 – 1897

Gassies (Jean-Baptiste, Georges)  — 1829 – 1919

Harpignies (Henri)  —  1819 – 1916

Lavieille (Eugène)  —   1820 – 1889

Menard (Louis)   —   1822 – 1901

Menard (René, frère du précédent)  — 1827 – 1887

Nanteuil (Célestin)  — 1813 – 1873

Penne (Olivier de)   —    1831 – 1897

Troyon (Constant)   —   1810 – 1865

Ziem ( Félix)    —  1821-1911

 

- - Musée départemental de l'Ecole de Barbizon


Musée départemental de l’Ecole de Barbizon

Et il y a aussi …
CES PEINTRES VENUS DU MONDE ENTIER

pour découvrir les plus beaux sites où avaient travaillé les maîtres de Barbizon. Ils ont fraternisé avec les artistes et les poètes français à l’Auberge Ganne, à l’Hôtel Siron, (Hôtellerie du Bas-Bréau) ou  à la Maison des Artistes…

Puis ils ont colonisé tous les villages autour de la forêt de Fontainebleau : Marlotte, Montigny, Grez-sur-Loing, Moret-sur-Loing…et
Ils ont fait rayonner la lumière de l’Ile de France et l’art de vivre français dans tous les musées du monde.

Andreesco (Ion)  —  1850 – 1882 Roumain

Babcok (William) —1826 – 1899 Américain

Bodmer (Karl)  — 1809 – 1893    Suisse

Cock (César de)  —1823 – 1904 Belge

Cock (Xavier de, frère du précédent) —1818 – 1896 Belge

Coosemans (Joseph) —1828 – 1904 Belge

Eaton (Wyatt) —1849 – 1896 Canadien

Gerry (Samuel) — 1813 -?           Américain

Grigoresco (Nicolas) — 1838 – 1907 Roumain

Hill (Karl)—  1849 – 1911 Suédois’

Hunt (William)  — 1824 – 1879 Américain

Innes (George)   — 1825 – 1894 Américain

Jongh (Gustave de) — 1829 – 1893 Belge

 Knauss (Ludwig)  — 1829 – 1910 Allemand

Knyff (Alfred de)  — 1819 – 1886 Belge

Kuytenbrouwer (Martinus) — 1821 – 1897 Hollandais

Munkacsy (Mihaly) —1844 – 1900 Hongrois

Paal (Ladislas de)  — 1846 – 1879 Hongrois

Papeleu (Victor de)  — 1810 – 1881    Belge

 Monet peignant P G3

LES « IMPRESSIONNISTES » ont commencé ici…

Ne l’oublions pas. A partir de 1865, c’est ici qu’ils sont venus…pour suivre le conseil de Théodore Rousseau : « Eclaircissez votre palette ! »
Ils ont planté eux aussi leur chevalet en plein-air, dans la forêt de Fontainebleau, à Chailly-en-Bière, à Moret-sur Loing, aux bords de Seine…

Ils s’appelaient…
Claude MONET  —1840-1926
Auguste RENOIR — 1841-1919
Frédéric BAZILLE — 1841-1870
Camille PISSARO — 1830-1903
Paul CEZANNE — 1839-1906

Lorsque Vincent Van Gogh est mort, à Avers-sur-Oise, il avait accroché au mu de sa chambre cette copie d'un émouvant tableau de Millet : les premiers pas…
Lorsque Vincent Van Gogh est mort, à Avers-sur-Oise, il avait accroché au mu de sa chambre cette copie d’un émouvant tableau de Millet : les premiers pas…

et n’oublions pas…

Vincent VAN GOGH —1853-1890

il n’est jamais venu à Barbizon, mais il avait la nostalgie de
ce « village d’artistes » qui a révélé à eux-même tant de peintres.
« Songe à Barbizon ! Cette histoire est sublime… »
Il a fait de nombreuses copies des tableaux de Jean-François Millet :
« Est-ce qu’on pourra, un jour, faire aussi beau que Millet ? »

•Millet-le printemps-Pmoy
Jean-François MILLET – Pastel « Le printemps » Paris-Musée d’Orsay

QUE SAVONS NOUS DE LA VIE DE TOUS CES PEINTRES ?

Théodore Rousseau
Soleil couchant sur la lande d’Arbonne
New York. The Metropolitan Museum of Art

La biographie des principaux  » peintres de Barbizon »

(biographies extraites de l’ouvrage de Roger Karampournis- Barbizon d’hier et d’aujourd’hui)

Voici maintenant les cinq plus connus des peintres de « l’École de Barbizon », au talent pourtant si varié mais tous unis par le même amour de la Nature.

JEAN-FRANÇOIS MILLET 1814-1875

Jean-François Millet et sa famille vers 1853 Daguerreotype de Felix Feuardent Musée d'Orsay Paris
Jean-François Millet et sa famille vers 1853
Daguerreotype de Felix Feuardent
Musée d’Orsay Paris

« Ce n’est Jamais le côté joyeux qui m’apparaît, je ne sais pas où il est, je ne l’ai jamais vu. »
Jean-François MILLET Lettre à A. Sensier, 1850 .

Tout le caractère de Jean- François Millet, né le 4 octobre 1814 à Gruchy, hameau de Gréville près de Cherbourg, de parents aisés, est contenu dans cette courte phrase. Il est né paysan et le restera toute sa vie. Car, pour lui, celui qui cultive la terre est le représentant type de la destinée humaine et son utilité est primordiale puisqu’il nournt les hommes. Jean- François Millet est un méditatif qui ne connaît la femme que vierge ou mère, et qui exclut de son œuvre le rire, le jeu ou l’amour. Le travail, pour lui, est la condition essentielle de l’ homme, c’est donc la première des vertus.

Très tôt, il montre des dons précoces pour le dessin et la ville de Cherbourg lui offre une bourse pour aller travailler à Paris, dans l’atelier de Delaroche. Mais il n’aime pas cet enseignement académique et préfère s’essayer dans plusieurs genres, avec plus ou moins de bonheur, tandis qu’il fréquente assidûment les musées parisiens, admirant les Anciens, tels Dürer, Léonard de Vinci et surtout Nicolas Poussin. Ce furent les années difficiles, où, déjà cruellement frappé par la maladie, il survit en plaçant, parfois pour quelques francs seulement, des tableaux auprès des marchands ou collectionneurs. Il perd sa première femme, Pauline Ono, en 1844, mais dès 1845 il vit en ménage avec Catherine Lemaire qui restera toute sa vie sa compagne et qu’il épouse religieusement quelques jours seulement avant sa mort, après qu’elle lui eût donné neuf enfants.

Mais c’est à Barbizon, où son ami Charles Jacque l’emmène en 1849, que le génie de Jean­-François Millet trouvera son plein épanouissement avec ses sujets paysans ou ses scènes pastorales intimistes. Il faudra encore beaucoup d’années avant qu’un Salon, celui de 1864, lui décerne sa première médaille, mais déjà le public devient plus favorable à Jean-François Millet et les collectionneurs, surtout américains comme Hunt, Brimmer ou Babcock, recherchent ses œuvres. L’Exposition Universelle de 1867 consacre le peintre, des distinctions françaises et étrangères lui sont décernées, avant la Légion d’Honneur qu’il reçoit finalement en 1868. Dans les dernières années de sa vie, pourtant assombries par de continuelles migraines, il connaît enfin la célébrité et l’aisance, et après un départ pour Cherbourg, au cours de la guerre de 1870, il revient à Barbizon, où il meurt le 20 janvier 1875.

« Quand vous peignez un tableau, que ce soit une maison, un bois, une plaine, l’océan ou le ciel, songez toujours à la présence de l’homme, à ses affinités de joie et de souffrance avec un tel spectacle; alors une voix intime vous parlera de sa famille, de ses occupations, de ses inquiétudes, de ses prédilections; l’idée entraînera dans cette orbite l’humanité tout entière; en créant un paysage, vous penserez à l’homme; en créant l’ homme vous penserez au paysage. »
jean-François MILLET.

La maison de jean-François Millet aujourd’hui transformée en musée.

L’escalier conduisait à sa chambre où il mourut le 20 janvier 1875.

La plus célèbre des maisons de Barbizon est pourtant la plus humble. C’est la maison et l’atelier de Jean­-François Millet dont le nom reste à jamais attaché au village.
De 1849 à 1875, il y vécut sans interruption, sauf pour de courts voyages en province et pendant son retour à Cherbourg durant la guerre franco­ prussienne de 1870.

Sur la fin de sa vie Jean-François Millet aurait pu posséder une bien plus belle maison, comme celle de Diaz de la Pena ou comme celle de Ziem, mais il n’oublia jamais ses origines paysannes et resta toute sa vie un homme simple, proche de la terre, qui se contenta de cette maison de paysan comportant trois pièces basses et plus tard deux autres chambres.

Chaque matin, il plantait, labou­rait, semait ou récoltait dans son jardin. L’après-midi, il peignait dans son atelier pourtant plein d’ombres.

A partir de 1847, datent ses premiers rhumatismes articulaires.

Jean- François Millet fut, également, toute sa vie affiigé d’atroces migraines qui le laissaient sans force pour plusieurs jours, le condamnant à errer dans les champs ou la forêt, incapable de peindre.

Toute la personnalité de Jean-François Millet – et, dirions-nous aujourd’hui, son message – est contenue dans cette lettre à son ami Alfred Sensier, datée de 1850 :

 » Ce n’est jamais le côté joyeux qui m’apparaît; je ne sais pas où il est, je ne l’ai jamais vu. Ce que je connais de plus gai c’est le calme, le silence dont on jouit si délicieusement ou dans les forêts ou dans les endroits labourés, qu’ils soient labourables ou non; vous m’avouerez que c’est toujours très rêveur, et d’une rêverie triste quoique bien délicieuse .»

Théodore Rousseau Soleil couchant sur la lande d'Arbonne New York. The Metropolitan Museum of Art

THÉODORE ROUSSEAU 1812-1867

 » Quelle est la différence entre un chêne et une latte? C’est qu’un chêne fait un million de lattes, tandis qu’un million de lattes ne peuvent faire un chêne. » Théodore ROUSSEAU.

Théodore Rousseau naquit le 15 avril 1812 à Paris. Si Jean- François Millet est un peintre de plaine, Théodore Rousseau est celui des hautes futaies et des clairières forestières. Celui que l’on appela « l’éternel refusé des Salons» était pourtant plus connu que Jean- François Millet lorsqu’il s’installa à Barbizon dès 1844.

L’amitié entre Théodore Rousseaù et Jean- François Millet est proverbiale. C’était un courant chaud, sans limite et absolu qui liait les deux hommes. Ils s’estimaient mutuellement et chacun voyait dans l’autre son maître incontesté. Comme dans les grandes amours, quelques nuages assombrissaient parfois leurs relations. Les deux hommes étaient profondément différents l’un de l’autre. Théodore Rousseau portait beau l’habit et fréquentait les Salons parisiens, tandis que Jean- François Millet restait très proche de ses modèles habituels, les paysans. Rousseau faillit même épouser une nièce de George Sand dont il s’était épris, et c’est lui qui, au château de Compiègne, parvint à convaincre l’Empereur Napoléon III de sauvegarder une partie importante de la forêt de Fontainebleau.

Ils s’écrivaient beaucoup, car Théodore Rousseau était souvent en voyage, et ces centaines de lettres qu’ils échangèrent restent de touchants témoignages de leur indéfectible amitié. Ces lettres que Jean- François Millet terminait souvent ainsi : « Je vous dis bonjour, mon cher Rousseau, et vous donne un tas de grosses poignées de main. »

Ils sont aujourd’hui enterrés, côte à côte, sous un même rocher, dans le petit cimetière de Chailly-en-Bière, où Théodore Rousseau fut inhumé le 12 septembre 1867.

-Charles Emile JACQUE (1813-1894) -La bergerie Musée départemental de l'Ecole de Barbizon
-Charles Emile JACQUE (1813-1894)
-La bergerie
Musée départemental de l’Ecole de Barbizon

CHARLES JACQUE 1813-1894

A Charles-Émile Jacque revient le ménte d’avoir emmené, pour la première fois Jean­-François Millet à Barbizon. « Nous avons pris, Jacque et moi, la determination de rester quelque temps ici », écrivaitJean-François Millet dans sa lettre à Alfred Sensier du 28 Juin 1849.

Mais celui que l’on appela « le Raphaël des moutons » possède de bien meilleurs titres qui lui assurent une place de choix parmI les cinq « grands» de l’École de Barbizon.

Né à Paris le 23 mal 1813,il se révéla très jeune comme un excellent graveur et fut très apprécié en Angleterre où il resida deux ans, illustrant notamment des œuvres de Shakespeare. Dès 1844, Charles Jacque trouvait les sujets de ses eaux-fortes dans les scènes de vie rustique, ces sujets qu’il commença à envoyer aux Salons, où, tout de suite, il s’acquit une notoriété méritée comme aquafortiste, puis comme peintre. Charles Jacque est le témoin attentif des moutons, des bergeries et des poulaillers, et nul n’a rendu comme lui le mouvement naturel des gallinacées. C’était un remarquable observateur qui poussa le scrupule jusqu’à ècrire un ouvrage en 1869, Le Poulailler, dont il dessina lui-même les illustrations qui furent gravées par son ami Lavieille. C’était aussi un esprit curieux, inventif, qui se passionna pour l’élevage des gallinacées, la culture des asperges ou la fabrication des meubles. Mais s’il y perdit du temps, voire de l’argent, c’est qu’il était avant tout un artiste, épris seulement de son art.

Au double titre de peintre mais surtout d’aquafortiste, Charles Jacque demeure un des artistes les plus intéressants de l’École française du XlX » siècle.

Il fut le dernier des très grands peintres de Barbizon, puisqu’il s’èteignit à Pans, le 7 mal 1894.

Narcisse Diaz de la Peña - Le village de Barbizon
Narcisse Diaz de la Peña – Le village de Barbizon

NARCISSE DIAZ DE LA PENA 1807-1876

Si le patronyme de Diaz de la Pena est authentiquement ibérique, c’est que ses parents, qui le firent naître à Bordeaux le 20 août 1807, étaient des proscrits espagnols réfugiés en France. Mais il est, des grands peintres de Barbizon, celui dont l’éclatant génie fut le plus tôt reconnu, puisque dès 1844 il obtint sa première médaille, suivie d’une seconde en 1846, pour enfin recevoir celle de re classe, en 1851.

Au cours de son enfance, une vipère l’ayant mordu à la jambe, il dut subir l’amputation de celle-ci, et c’est ainsi qu’il renonça à une vie active, pour se consacrer tout d’abord à la peinture industrielle, puis ensuite s’essayer dans un genre plus artistique où il s’affirma bientôt comme un paysagiste délicat fervent admirateur de la nature.

Le bruit du pilon de Diaz de la Pena frappant le carrelage de l’Auberge Canne, ses facéties parmi les habitués avec qui il venait le soir fumer une pipe, en firent rapidement le boute-en­ train de cette colonie de pensionnaires.

Mais ce ne sont pas ses « tartouillades », quelques tons brillants posés sur un panneau, au hasard, et qu’il emportait en forêt, qui peuvent nous faire oublier sa « désagrégation de la forme par la couleur, qui ouvrit la voie à l’impressionnisme (‘:’) » et qui le font considérer aujourd’hui comme un précurseur de cette école « né trente ans trop tôt (‘: »:’) ».

Narcisse Diaz de la Pen a mérite amplement l’engouement actuel des collecnonneurs, car ses œuvres le placent aux tout premiers rangs des paysagistes du Xl X » SIècle, grâce à une émotion, une finesse et une science de la lumière, qui l’apparentent à Théodore Rousseau, Corot et Monet.

Il mourut à Menton le 18 novembre 1876.

LOUIS-ANTOINE BARYE 1796-1875

Antoine-Louis Barye, qui naît le 24 septembre 1796 à Paris, est aujourd’hui universellement reconnu comme l’un des plus grands sculpteurs de notre pays. Mais son œuvre comme pemtre et dessinateur est également admirable et suffirait à consacrer sa gloire.

Dès son jeune âge, il entre en apprentissage chez un graveur, puis chez un orfèvre, mais sa véritable école fut le Jardin  des Plantes à Paris, où il observa passionnément les animaux vivants, étudiant l’anatomie des bêtes, et lisant les traités de Cuvier ou de Lacépède.

Barye, à l’exemple de ses amis, les peintres de Barbizon, ne fut guère apprëciè au début de sa vie, et, malgre des succès d’estime aux Salons de 1834 et 1835, il s’abstiendra désormais d’exposer Jusqu’en 1850, et ce n’est que grâce à la protection du duc d’Orléans, fils aîné de Louis- Philippe, et à l’intérêt que lui portent des amateurs éclairés américains, comme William T. Walters ou George A. Lucas son acheteur, qu’il parvient à continuer à croire à l’originalité et à la beauté de son art.

Sa rentrée au Salon de 1850 fut triomphale mais le caractère de Barye meurtri par tant d’années où il lui fallut lutter pour s’imposer, son peu d’attirance pour les courtisans en place, et les peines familiales qu’il connut, retardèrent jusqu’en 1854 sa première grande joie : sa nomination comme professeur de dessin au Muséum, la reconnaissance de son talent avec la grande Médaille à l’Exposition Universelle de 1855, et la consécration avec la rosette d’ Officier de la Légion d’Honneur, son élection à l’Académie en 1867.

Antoine- Louis Barye, qui mourut à Paris en 1875, reste l’une des grandes figures de la statuaire de notre pays qui l’apparentent aux plus illustres maîtres antiques ou à ceux de la Renaissance.


Catalogue « Barbizon , au temps de Jean-François Millet ».

NOTES BIOGRAPHIQUES DE TOUS LES PEINTRES DE BARBIZON

- - Musée départemental de l'Ecole de Barbizon


Musée départemental de l’Ecole de Barbizon

ces brèves notes biographiques sont extraites du très remarquable catalogue établi par Guy Isnard,
pour l’exposition organisée en 1975 à la Salle de Fêtes de Barbizon : « Barbizon , au temps de Jean-François Millet ».


ANASTASI Auguste Paul Charles

St Omer 1827 – Paris 1877,
Elève de Corot.
A fait des lithographies d’après Rousseau, Diaz, Corot, Cabat, Dupré …

Pensionnaire de l’Auberge Ganne dont il orne « l’un des douze panneaux d’une armoire énorme » (Mag. Pittoresque – 1863).
Participe au singulier accueil fait à Barye arrivant chez Ganne : « … On  le prit pour  philistin et durant tout le repas, on lui décocha des plaisanteries sans remarquer la finesse de son regard et la malice de son sourire. Lorsque Mme Ganne vint dire, tout haut « que M. Théodore Rousseau attendait M. Barye » la confusion d’ANASTASI fut telle qu’il « en fut malade! »
(G. Gassies, op. cit.)
Il séjourna, notamment en 1852, à Marlotte. Anastasi devint aveugle vers la fin de sa vie.
Ses œuvres les plus intéressantes furent exécutées en forêt de Fontainebleau.

BARYE Antoine Louis

Paris 1796-1875
Ami de Rousseau, puis de Millet – très ilé avec Corot – il avait 63 ans lorsqu’il vint à Barbizon s’installer au 26 Grande rue, où, avant lui, habitait Olivier de Penne.
Déjà, en 1852 et en 1853, il avait fréquenté l’Auberge Ganne. « … Il a fait à l’ombre des chênes, au milieu des rochers et au bord des mares de Fontainebleau des observations et des études qui étonneraient Paul Huet, Corot, Jules Dupré et Th. Rousseau. »  Th. Silvestre: « Histoire des Artistes vivants »,

Plus connu du grand public pour ses sculptures d’animaux que pour ses peintures, il brossa cependant de nombreux paysa­ ges de la forêt de Fontainebleau, y introduisant curieusement des lions et des panthères. En novembre 1875, une exposition posthume de ses œuvres à l’Ecole des Beaux-Arts comptait 300 peintures et aquarelles.

En février 1876, à la vente après son décès, se trouvaient 73 peintures inspirées de la forêt, peintes pendant son séjour à Barbizon.

  1. Gassies lui consacre dans son livre « quelques-unes de ses pages les plus émues» (G. Lafenestre : « Les Peintres de Barbi­ zon ». Revue Politique, 1906). Le 25 avril 1872, Millet écrivait à A. Bruyas : « c’est un des artistes les mieux taillés pour l’accom­plissement des grandes choses »,

BELLY Léon Auguste Adolphe 

St-Omer 1827 – Paris 1877 — Elève de Troyon, ami de Millet et de Rousseau, ce peintre qui voyagea en Orient, visita le Liban, la Palestine, l’Eqypte, aimait à venir à Barbizon.

Depuis 1849, il Y fit quelques séjours, plus fréquents à partir de 1862, car à cette époque il cessa ses voyages à l’étranger.On trouve trace de son séjour à l’Auberge Ganne en mai 1849 et en mai et juin 1850. Indépendamment d’œuvres très académiques et notamment de sa grande peinture historique « Ulysse et les Sirènes  » (exposée au Salon de 1867) il a peint de charmants paysages. Jean Rousseau ( » Le Figaro « , Salon de 1816) va jusqu’à le préférer à Courbet.

« Les gros arbres noirs de M. Courbet, si régulièrement embranchés en potence et à angles droits, ont peut-être plus de caractère, mais comme les verts feuil/ages de M. Belly ont plus de légèreté! Comme l’air et le soleil s’y jouent plus libre­ment, Comme la peinture est plus souple, plus vivante, plus réalisée enfin, bien que M. Bellv ne se pose pas en réaliste. »

BODMER Karl

Reinbach 1809 – Barbizon 1893 — Peintre et surtout graveur, il se fixa à Barbizon en 1849.

Il fréquenta l’Auberge Ganne et acquit, en 1856 « … la maison de la mère Hervy, celle que Hunt avait louée pour mettre ses chevaux. On dit qu’il l’a achetée 4000 [rs. Sensier et Jacque nsont plus les seuls étrangers à la localité proprietaires à Bar­ bizon. En voici un beaucoup plus étranger encore qu’ils ne le sont, qui n’en est pas pour cela moins propriétaire qu’eux à Barbizon …

Dans cette maison habita ensuite Ziem et plus tard Georges Rochegrossc, peintre académique, illustrateur de « Salammbô ».

Un chêne du Bas-Bréau – un de ses sujets préférés – fut appelé « le Bodmer ».

André Billy ( Nathalie ». p. 75) parle de deux chansons apportées par Bodmer : « Ronde Bosse » et « Le Scieur de long », repri­ses en chœur, au refrain, par les autres peintres de Barbizon.

BOULANGER Louis Jean-Baptiste

Verzy (Marne) 1812-1878

Expose en 1845 des  » Vues de la forêt de Fontainebleau. »

A l’Auberge Ganne avec Nanteuil lorsque Millet arrive à Barbizon. Il décore l’auberge.

(F. Jacque : « Le Livre d’Or de J.-F. Millet par un ancien ami ». 1891).

BRASCASSAT Jacques Raymond

Bordeaux 1804 – Paris 1867

Fut l’un des premiers pensionnaires de l’auberge Ganne (vers 1830). Une de ses lettres publiées par Jouin dans les « Nou­ velles Archives de l’Art Français (1900) nous apprend qu’il a séjourné chez Ganne en 1831. Gassies des Brulies pense que ce n’y fut pas son premier séjour.

Dès le Salon de 1831, il s’était spécialisé dans la représenta­tion d’animaux de ferme.

Très affecté par l’opinion de Thoré-Burger qui, à l’occasion du Salon de 1845, considérait qu’il « tourne vers la nature, le petit bout de la lorgnette », il s’abstint d’exposer pendant dix ans ! Pourtant Brascassat connut le succès de son vivant au point que Baudelaire trouvait qu’on parlait trop de lui, alors qu’il existait  » dans la galerie des flamands beaucoup de ta­bleaux du même genre tout aussi faits que les siens et plus largement peints, et d’une meilleure couleur. » (Salon de 1845).

BRENDEL Albert

Berlin 1827 – Weimar 1895

Après avoir étudié de 1845 à 1849 à l’Académie de Berlin, voyagé en Hollande et en France, il s’installe à Paris en 1851.

Elève de Th. Couture, il a, par lui, la connaissance de Barbizon et de ses peintres.

Il se Iie bientôt avec eux et participe à la décoration de l’auberge.

Considéré, par E. Chesneau, comme un « peintre de bergerie et de bergerades, où on sent l’âcre odeur de suint, nulle­ment trivialement cependant,  »

« ..La Prusse présente … une exposition plus nombreuse et plus riche, mais il faut reconnaitre que plusieurs de ces artistes sont des parisiens de pur sang, ou tout au moins des français, M. BRENDEL, par exemple, qui peint les troupeaux

à Barbizon »,

Ch. Blanc : « Exposition Universelle de 1867 » dans « Les Artistes de mon temps « , 1876.

BRETON Jules

Courrières 1827 – Paris 1905

Séjourne à Marlotte » une partie de l’été de 1857 -Il y fré­quente Daubigny, puis à Barbizon qu’il qualifie de  » Bethléem de la peinture moderne » (en 1897 et en 1903, notamment.)

Il évoque Barbizon dans:  » Savarette  » (1898) et  » La Pein­ture » (1904). Il cite Ch. Jacque dans » Nos peintres du siècle » (1899) et, dans » La Vie d’un artiste  » : Millet, Rousseau, Corot, Daubigny, Nazon …

Ses premiers sujets paysans datent de 1853.

Les critiques d’art le considéraient comme « le peintre officiel de la vie des champs ». Ils soulignaient le réalisme et la noblesse de ses figures semblables, en cela, à celles de Millet.

Ce dernier, considérait que Breton peignait « toujours dans le village des filles qui n’y restent pas », Il lui décernait cepen­dant le titre de « maître de la peinture rustique ».

Jean Rousseau, critique du « Figaro» trouvait « dans presque toutes les toiles de M. Breton, une recherche assidue du carac­t- ère et de l’effet; c’est un effort vers le style qui manque aux paysanneries vulgaires; c’est un sentiment grave et profond de la poésie inhérente à la vie des champs. Presque toutes ses pay­sanneries vous charment par une distinction qui n’a rien de manièré, ni de [aux. »

(Salon de 1861, juin 1861).

Quant à Léon Lagrange, il reprocha à Breton et à Millet, d’ailleurs, « d’avoir atteint les limites de leur système ». Tenant de l’art académique, il estimait qu’il « reste encore, si M. Breton prend decidement la ligure pour objet principal de ses tableaux, il étudierle nu de plus près. » (!)

BRUANDET Lazare

Paris 1755 – 1804

Un précurseur de « l’Ecole de Barbizon ».

Expose en 1791 : « Vue prise dans la forêt de Fontainebleau»

« Le seul solitaire – disait-on – avec les sangliers, qu’on rencontrât dans la forêt ».

  1. Lafenestre : « Les Peintres de Barbizon ».

Revue Politique, 1906.

« Poussé par une inclination singulière et que nous avons l’occasion de signaler pour la première fois chez les artistes, il s’avisait de peindre d’après nature … »

  1. Michel : « La Forêt de Fontainebleau », 1909.

CABAT Louis Nicolas

Paris 1812 – 1893

Initié à la peinture « de paysage -. en opposition à l’art académique, par Camille Flers, il se lie avec Jules Dupré, lui aussi hostile au paysage classique.
Au printemps 1838 se rend à Barbizon et demeure « des saisons entières .. chez Ganne. Ami de Cicéri et de Nanteuil.

Il a laissé son nom à deux sites de la forêt : « la mare à Cabat  » et  » La roche Cabat  » sur laquelle les artistes avaient peint leurs noms en rébus:  » Une roue et un seau, un cabas …  » (F. Herbet :  » Dictionnaire hist. et art. de la forêt de Fontaine­bleau ». 1903).

« Petit maître des cours familiers de la nature, un des premiers cl introduire dans ses paysages de marais et de grands arbres, une ilote de vérité préparant au naturalisme », Geneviève Lacambre (Cat. de l’Ex. « Le Musée du Luxembourg en 1874 », 1974).

CARUELLE D’ALIGNY Claude Félix Théodore

Cbaunres (Nièvre) 1798 – Lyon 1871

L’un des « premiers combatant s » de l’Ecole de Barbizon « qui cherchaient à dégager des sites de Fontainebleau, les grandes lignes de ses déserts rocheux, son style et comme son côté permanent ».

  1. Bouret « L’Ecole de Barbizon et le paysage français au x/x’ siècle », 1972.

Pensionnaire à l’auberge Ganne vers 1824, il se rendait » tous les ans » à Barbizon entre 1828 et 1840 (d’après Brascassat).
Il était très lié avec Corot qu’il connut à Rome.
Henri Murger ( » Adeline Protat ») le montre « émondunt toutes les folles végétal ions et râclant consciencieusement les mousses que tapissent les roches », avant de peindre.

CHABRY Léonce

Bordeaux 1832 — 1883

Elève de Troyon.

Habita Barbizon vers 1856 et se lia avec Th. Rousseau, Millet et Diaz.

Gravure de Chaigneau - Barbizon sous la neige
Gravure de Chaigneau – Barbizon sous la neige

CHAIGNEAU Jean Ferdinand

Bordeaux 1830 – Barbizon 1906

Disciple de Charles Jacque, il se recommandait aussi de Brascassat.

Habite Barbizon en 1858 et devient propriétaire d’une maison à laquelle il donne le nom de « La Bergerie ». en 1870.

En 1867 organisa, dans une grange de Barbizon, une exposition des peintres refusés au Salon.

A la guerre de 1870 installe dans sa maison une ambulance.

Non reconnue par les allemands; car éloignée du front, il n’y vint que des francs-tireurs blessés par eux.

Ce peintre des moutons, s’est spécialisé dans l’eau-forte.

CHINTREUIL Antoine

Pont de Vaux (Ain) 1816 – Septeuil (5,·&-0.) 1873

Elève de Corot. Très lié avec Lavieille. Lui a rendu souvent visite à Barbizon. « Antoine Chint reuil, qui fut comme Cals et Hervier, mais à un moindre titre, un méconnu, compte parmi les peintres plus ou moins disciples de Corot, comme le plus préimpressionniste de tous. »

Georges Pillernent : « Les Pré-Impressionnistes », (Préface d’André Watteau).

« On ne décrit pas un paysage de Chin treuil, dit Champfleury, c’est une émotion. »

CICERI Eugène

Paris 1813 – Marlotte 1890

Laisse la peinture de décors pour la peinture de paysages. Séjourne à Marlotte et à Barbizon où il achète un terrain au lieudit « la Belle Marie» qu’il revendit à Ch. Jacque et où ce dernier établira son « entreprise de gallino-culture »,

COCK (César de)

Gand 1823 — 1904

Elève de Daubigny et de Français.

Inscrit sur les registres de Ganne en 1860, mais fréquenta Barbizon en 1853 où il travailla avec Daubigny et Diaz.

Ami de Corot .

COCK (Xavier de)

Gand 1818 – Deurle 1896

Entre 1852 et 1860 est domicilié en France.

Il passe l’hiver à Paris, l’été à Barbizon. (Chez Ganne en 1853), Introduit des animaux dans ses paysages.

Au Salon de 1861, très injustement, le critique du {( Figaro » ne sut pas apprécier la clarté de ses éclairages, sa facture souple, ses coloris subtils :
« La peinture de M. Xavier de Cock fond littéralement « . la couleur est lavée et inconsistante, le modelé se noie, la forme s’efface. »

COOSEMANS Joseph Théodore

Anvers 1828 – Schaerbeek 1904

Forma en Belgique avec Hlppolyte Boulenger un groupe d’ar­ tistes travaillant d’après nature « l’Ecole de Tervueren » qualifiée par Thoré de « Barbizon belge »,              .

Séjourna à Barbizon.

A l’Exposition de 1900, expose un paysage de la forêt de Fon­ tainebleau : « Fin d’automne » au sujet duquel, Léon Greder écrit : « Sa forêt dépouillée de feuilles est une vraie forêt de l’Ile de France, dans le ciel gris et mouvementé; signe d’une averse prochaine, les arbres tortillent leurs branches dénu­ dées au-dessus des ronces et des ajoncs Touillés. »

(( Loisirs d’Art », 1901),

COROT Jean-Baptiste Camille

Paris 1796 – Ville d’Avray 1875

Peint dans la forêt de Fontainebleau avec Caruelle d’Aligny et Bertin, en 1822. Il les rejoint en 1825, à Rome, à la Villa Médicis et les retrouve en 1829 et en 1830, à Marlotte, puis à Chailly, en août 1835,

En 1832, il est un des habitués de l’auberge Ganne et, d’après Brascassat, participe à sa décoration.

Corot revint à plusieurs reprises à Barbizon, entre 1834 et 1843.

Aux Salons de 1831,1833,1834 il expose, à côté de souvenirs d’Italie, des vues de la forêt de Foritalnëbleau.  »

Lié avec Rousseau et Barye, il se joint à eux lors de réjouls­ sances ; chante et danse, apprenant à l’assistance la « danse des bouteilles -. décrite par Moreau-Nelaton et Gassies.

Il est, vers 1855, l’hôte de Decamps à Fontainebleau pour lequel il peint les « Heures du Jour » (4 panneaux). En 1859, il est témoin, avec Rousseau, au mariage de Louise, fille de Ganne, avec le peintre Eugène Cuvelier.

Il revient à Fontainebleau en 1865 et s’installe chez son ami Comairas.

En 1872 fait des « études  » à Barbizon. En septembre 1873, E. Michel dit qu’il le rencontra peignant au Bas Bréau, « le Bodmer» (<< La Forêt de Fontainebleau -, 1909).

Il est curieux de constater que les critiques de l’époque considéraient que le trait dominant de la peinture de Corot était … la naïveté! Beaudelaire y ajoutait « l’originalité » (Salon de 1845) .

«C’est tille peinture naïve et harmonieuse dans une gamme très débile» écrivait Thoré, à ce même Salon.

En 1855, il reprenait ce jugement: « Il apporte dans un genre de conventiOlt, une naïveté presque enfantine »,

Au Salon de 1857, J. Rousseau estimait : « c’est le grand symphoniste du paysage. Ses tableaux sont des concerts; pas un son discordant, pas une fausse note … La première qualité de Corot c’est la parfaite unité de l’impression, »

Ce même critique – tout en louangeant avec la même perspi­ cacité le talent du maître modifiait son appréciation sur « la première qualité de Corot » : « … ce qui caractérise le procédé de Corot c’est l’économie et le choix du détail »,

COURBET Gustave

Ornans 1819 – La Tour de Peilz 1877

Ne fut pas un « barbizonnais » mais fréquenta la forêt de Barbizon et connut ses peintres. Dès 1841, il peint des vues de la forêt, notamment franchard (G. Riat : « G. Courbet» 1906). Il retourne souvent en forêt jusqu’à la veille de 1870.

Dans le livre sur « Grigoresco » par Opresco, une photogra­ phie, prise à Barbizon en 1866-67, le représente avec Corot et Millet et d’autres artistes non identifiés.

Il se trouve avec Monet à Chailly. en 1865. D’après H. Adhémar, il serait le personnage assis du .. Déjeuner sur l’herbe -. peint dans ce village. IBul. du M. du Louvre, n° 3, juin 1958).

A peint des paysans et des villageois d’une manière très réaliste. (Au sujet de ce réalisme, voir son manifeste, écrit à l’occasion de son exposition au Hond-Polnt de l’Alma, en 1855.)

DAUBIGNY Charles François 

Paris 1817 – 1878

A Barbizon en 1843 et « entre 1861 et 1874 » à l’auberge Ganne.Acquiert une maison dans la Grande rue de Barbizon (ancienne ferme Fouché-Coquart, aujourd’hui « Hôtel des Pléiades .).

Il fréquenta les artistes de Barbizon et fut très lié avec Corot. Il exposa ses œuvres à l’auberge Siron.
En 1844, présenta au Salon son premier paysage de la forêt de Fontainebleau : « Le Carrefour du Nid de l’Aigle ».
En 1856, séjourna à Marlotte avec Jules Breton.
Th. Gauthier, insensible à sa manière synthétique et à sa facture souple, estimait que ses tableaux n’étaient que des « ébauches  » des  » impressions et qu’y sont négligés les détails. ( » Abécédaire du Salon de 1861 ,,).

Baudelaire écrit : « La nature est exploitée par les peintres; M. Daubigny lui, se sacrifie à la nature. Devant elle, il oublie tout, et le public lui-même. Jamais, il ne caressera les goûts vulgaires par la coquetterie, le léché ou le brio de son exécu­ t ion … » Pour lui les tableaux de Daubigny se distinguent par « un air de jeunesse indéfinissable, quelque soit le site ou l’effet représenté … Daubigny met en scène toute la nature, rien que la nature. »

Le fils de Ch. F. Daubigny travailla aussi en forêt de Fontaine­ bleau. Au Salon de 1868 il exposa: « Le Plateau de Belle Croix ».

DAUMIER Honoré

Marseille 1808 – Valmondois 1879

Ami de Diaz, de Cabat et de Paul Huet i.I se lia ensuite avec Millet, Rousseau et Barye et deviendra un habitué de Barbizon.

Il se trouve chez Ganne du 10 au 20 octobre 1853. Le 21 sep­ tembre 1856, il est témoin au baptème du fils de Millet: Jean François (Mme Daumier est la marraine et Th. Rousseau le parrain.)

Dessinateur, caricaturiste, sculpteur, lithographe, Daumier fut aussi un peintre important (( c’est surtout à partir de 1848 que Daumier fit acte public de peindre » L. Hautecœur) « puisque l’on dénombra 94 tableaux à sa rétrospective de 1878 et parmi ces tableaux des toiles montrant, bien avant Millet, des paysans dans un paysage» (J. Bouret, op. cit.)

En 1855, il devait illustrer les personnages des « Fables » de La Fontaine, Rousseau se réservant «, les solitudes ». forêts et étangs; Millet, les paysans; Dupré, les fermes et les champs; Barye, les animaux; Diaz, « le caprice »; Delacroix, les person­ nages fabuleux. (En définitive, seuls s’exécutèrent: Diaz, qui fit « Le chêne et le roseau » et Millet : « Phoebus et Borée ».)

« Ratapoil, personnage créé par Daumier pour lutter contre les campagnes menées en faveur du Prince Président, est mondiale­ ment connu et admiré. Quand il vit cette sculpture, Michelet s’écria: « Ah! vous avez atteint en plein l’ennemi! Voilà l’idée bonapartiste à jamais pilorisée par vous .. »

DECAMPS Alexandre Gabriel

Paris 1803 – Fontainebleatr IBM

Après avoir été J’hôte du « Cheval Blanc » à Chailly, où il se trouvait en 1846, il habita Fontainebleau.

Ami de Corot, de Barye et de Huet, il rendait souvent visite à Millet à Barbizon et fréquentait les « peint’à Ganne »

Baudelaire lui trouvait  » un talent solitaire et original •.

Thoré, le comprenait au nombre des 5 D: Delacroix, Dupré, Diaz, Delaroche: les » artistes à la mode ».

Les oeuvres de Decamps de « l’Ecole de Barbizon » représen­ tent surtout des scènes de chasses à courre qu’il suivait avec passion. Il trouva la mort au cours de l’une d’elle, près de la Croix du Grand Veneur.

Ses paysages de la forêt de Fontainebleau sont très rares du fait que la maison de Mme Decamps, où elle conservait, en souvenir, les oeuvres de son mari, a été détruite par un obus, lors du siège de Paris, en 1870.

DELPY Hippolyte Camille

Joigny 1842 – Paris 1910

Elève de Corot et de Daubigny.

A peint souvent les mêmes sujets que ce dernier et. notamment, des vues de la forêt près de Barbizon.

« Ses paysans sentent le terroir, 011 reconnaît la fougue de ses maîtres et leur bel agencement du tableau, ses figures sont d’un dessin correct « , estime A. M. de Belina : « Nos peintres dessinés par eux-mêmes » (1883).

DESGOFFE Alexandre

Bercy 1829 – Paris 1900

Elève de Corot.

Peint dans la forêt de Fontainebleau et séjourne à Barbizon. Reproduit souvent des scènes rustiques peuplées d’animaux domestiques.

DESGOFFE Alexandre

Paris 1805 – 1882

Elève de Caruelle d’Allqny.En 1888, Louis Flandrin, son biographe, le cite parmi les fondateurs de l’Ecole de Barbizon.

On trouve trace de son passage à l’auberge Ganne de 1849 à 1850.

Il utilisa pour ses paysages historiques des études faites à Barbizon, où il serait venu » avant 1830 « .

« Il faisait partie des peintres idéalistes … Son talent austère lui valut d’être choisi par Ingres comme collaborateur ».

  1. Miquel «L’Ecole de la Forêt ».

DIAZ de la PEÑA Narcisse Virgilio

Bordeaux 1807 – Menton 1876

En 1836, fait la connaissance de Rousseau, dont il devient le disciple et l’ami. Il reçoit ses conseils et peint avec lui dans la forêt de Barbizon.

Il travaille aussi avec Troyon.

En 1837, expose au Salon :  » Vue prise dans les gorges d’Apremont ».

Il habita à Barbizon une ancienne ferme située à l’angle de la Grande rue et de la route de Macherin (aujourd’hui  » Le Relais de Barbizon »).

Ami de tous les peintres, il fréquente aussi l’auberge Ganne qu’Il décore d’un » Repos dans la forêt» et d’une guirlande de ros~s peinte au-dessus d’une glace.

Il est parrain au baptême de Charles Louis Emile Millet, le 4 août 1861.

Sans partager l’enthousiasme de Jules Claretie qui le qualifia de Corrège de Barbizon » on peut admettre cette opinion de Burt y :

« Sans avoir atteint la puissance de Th. Rousseau, ni la poésie de Corot, ni l’émotion de Dupré, Diaz prend rang parmi nos maîtres. C’est un paysagiste de la plus rare élégance. Il est l’artiste qui a eu le sentiment le plus précis du charme et des coquetteries de la forêt de Fontainebleau. JI ne l’a pas vue grande. JI l’a sentie délicieuse ».

  1. Billy le considérait comme un impressionniste « avant la let/re », « /1 est né trente ans trop tôt; il eût été le premier peintre de sa génération. De l’Ecole de Barbizon, il est celui que préfèrent les amateurs d’art moderne. »

(Les Beaux Jours de Barbizon).

DUPRÉ Jules

Nantes 1 S l l – L’Isle Adan! 1 HH9

Ami de tous les peintres du Groupe de Barbizon avec lesquels il expose.

En 1834, avait fait la connaissance de Rousseau qui devint son ami, mais avec lequel il se brouilla par la suite.

Lié avec Troyon, Daubigny, Cabat et Decamps. 11 manifesta pour Millet la même admiration qu’il avait pour Rousseau. (Dans une lettre à Montrosier, du 27-1-1875, il fait un vibrant éloge de Millet qui vient de mourir).

« Vers 1830, UII l’il tout il cou p des b an des d’uvent uriers qui s’eni parèrent de I{/ nat ure el de la poésie et renversèrent l’an­ cienne royauté. Decamps, Cabut , Paul Huet , Jules Dupré, Rous­ seau.. furent les chels de celle révolution ».

  1. T. Burger «Salun de 1847 ».

DUPRÉ Léon Victor

Limoges 1816 – Paris 1879

DUTILLEUX Constant

Douai 1807 – Paris 1865

A Barbizon à partir de 1851. Il Y revient chaque année. En 1855 y amène tous ses élèves. (II avait ouvert un atelier fréquenté par plus de 200 élèves et dont Millet, Diaz (entre autres) étaient membres honoraires).

Satellite de Corot, avec lequel il est très lié depuis 1848, travaille avec lui en forêt de Fontainebleau,

Vers 1849, Dutil.leux et Grandguillaume (‘ancien professeur de dessin à Arras qui s’occupait de photographie) eurent ridée de produire un dessin sur verre rendu opaque, dont on pourrait tirer ensuite des épreuves photographiques.

Dutilleux entreprit les premiers essais vers cette époque et c’est en 1853 qu’il proposa à Corot de faire un dessin par ce procédé. C’est ainsi que le maître exécuta soixante et un clichés de 1853 à 1874, à Arras, chez Dutilleux. puis chez Cuvelier et, enfin, chez le peintre Desavary. gendre de Dutilleux.

Ce procédé devait être employé par d’autres peintres, notam­ ment par Delacroix (lettre à Dutilleux du 7 mars 1854, publiée par Burt y, Il p. 103).

Documentation d’André James.

En 1865, invité par Corot à Marlotte, chez le père Antony, il meurt d’une congestion dans le train qui l’amène de Paris. (G. Gassies : op. cit.)

175 LETTRE autographe de Constant Dutilleux, signé : CD. à Charles Desavary, datée : «mercredi matin» (en 1861), envoyée de Fontainebleau.

« . » Nous allons tout à l’heure quitter la forêt magnifique encore hier, mais que la forte gelée de cette nuit a tuée toute vivante. Nous rentrons à Paris …

« Tu es tout à fait à même d’exécuter le tableau dont tu me parles surtout venant de faire la copie de St Jean-Baptiste … Les études sont finies 2 sur 40, plus fortes que celles de l’amiée dernière. C’est Corot, Huet et autres qui le disent, je n’ai qu’à m’incliner et me réjouir. Enfin je vais à l’instant mettre la dernière main à un petit fond de boîte et puis je m’en vais, sinon sans regret, du moins sans reproche.

« Mardi prochain nous aurons à dîner Corot, Huet et les Sache: … »

(Papier frappé d’un cachet portant : « Thion Boulangerie, Graineterie, Grande Rue, 27, Fontainebleau, »)

Collection A. Jammes,

FLERS Camille

Paris 1802 – Annet 1868

Cet habitué de Barbizon fut le maître et l’ami de Cabat et le compagnon de Decamps et de Huet.

  1. Fournel considère qu’il est:

« un des premiers artistes qui s’avisèrent d’aller découvrir la nature dans la forêt de Fontainebleau. »

«< Les Artistes Français Contemporains », 1884).

Il publia dans « L’Artiste », un traité du paysage au pastel qui lui valut alors une certaine notoriété.

FRANÇAIS François Louis

Plombières 1814 – Paris 1897

Un des premiers clients de l’auberge Ganne. Il participa à sa décoration.

Vers 1840, fit connaissance de Rousseau, par l’intermédiaire de Thoré. « Il présenta Rousseau et Millet à M. Hartmann qui deviendra le mécène attitré des deux artistes ».

(P. Miquel: « L’Ecole de la Forêt »).

Très influencé par Corot et Daubigny. Chamfleury le tenait « en grande- estime ».

Au Salon de 1846, Baudelaire note que: « M. Français est un des paysagistes les plus distingués. Il sait étudier la nature el y mêler un parfum romantique de bO,1 aloi. »

GASSIES Georges Jean-Baptiste

Paris 1829 – Montluçon 1919

Il quitta Chailly, où il s’était installé, pour rejoindre les peintres de Barbizon. Il est à l’auberge Ganne dès 1852.

En 1863, il acheta « la dernière maison de Barbizon près de la forêt »

« M. Cassies est un peintre, un bon peintre, que sa modestie et sa solitude ont tenu, comme tant d’autres, à l’écart des fabriques de la renommée … Il fut l’admirateur, le compagnon, le voisin des maîtres installés dans le hameau Th. Rousseau, Millet, Jacque, Diaz, Bodmer, Ziem … Il a vu passer dans l’au­ berge Canne, puis il l’hôtel Luniot , puis à l’hôtel Siran, tous les artistes français et étrangers, gens de lettres, amateurs, dont le nombre n’a cessé de s’accroître. »

Georges Lafenestre Politique, 1906).

« Les Peintres de Barbizon » (Revue

Le nom de Georges Gassies sera très souvent cité dans ce catalogue, car il n’est pas possible de parler de Barbizon et de ses peintres sans avoir recours à son ouvrage: « Le Vieux Barbizon. Souvenirs de Jeunesse d’un Paysagiste. 1852-1873 » (1907).

GRIGORESCU Nicolas Ion

Pitaru 1838 – Câmpina 1907

A séjourné à Barbizon de 1862 à 1867, notamment à l’Hôtel des Artistes, puis à Marlotte, entre 1867 et 1869.

Il exposa au Salon des Artistes Français en 1869 et participa, la même année, à l’exposition des peintres de Fontainebleau.

Il est considéré comme « le chef de file de l’art indépendant roumain « .

Il s’était épris d’une fille de Millet et ne voulut pas revenir à Barbizon, se jugeant indigne d’épouser la fille d’un « grand artiste» (Ionel Jianu :  » Grigorescu « ).

HARPIGNIES Henri Joseph

Valenciennes 1819 – St-Privé (Yonne) 1916

Celui que pompeusement Anatole France nommait « le Michel­ Ange des arbres  » ( » La Vie Littéraire « , 1933) séjourna à Barbizon.

Il fut l’ami de Troyon, de Corot (dont il subit l’inf.luence) et de Ziem.

A Marlotte, il fréquenta Henri Murger.

HERVIER Adolphe

Paris 1818 – 1879

A peint dans la forêt de Fontainebleau et à Barbizon.

Ce  » petit maître oublié » (Bouyer : Gazette des B. Arts, 1896) considéré comme l’un des peintres les plus proches de l’impres­ sionnisme, s’est spécialisé dans l’aquarelle et dans l’eau-forte.

Malgré les encouragements des critiques: Champfleury, Burt y et Th. Gautier (qui parle de son » mordant » et de « sa touche brillante ,,) ainsi que l’aide de Corot, il ne connut pas le succès de son vivant.

HUET Paul

Paris 1803 – 1869

Il fut l’un des premiers pensionnaires de Ganne. Il a peint pour lui, notamment, une  » Percée de forêt  » et a participé à la décoration de l’auberge.

Il’ a planté son chevalet aux Gorges d’Apremont et au Bas Bréau.

En 1851, se trouvant à Chailly, il écrivait à sa femme:  » J’ai. pour me rendre au premier arbre, juste une demi-lieue, ce qui explique comment on va s’entasser à Barbizon « .

( » P. Huet, d’après ses notes » par René Paul Huet, 1911). En 1855, il séjourna à Fontainebleau. Il peignit avec Decamps et Barye, ses » amis de jeunesse « .

Th. Gautier qui le considérait comme le « premier paysagiste romantique » louait sa « faculté d’exprimer le sens général d’un

sile »,

Présenté comme un révolutionnaire du paysage, il répondait:

« Peindre un soleil couchant ou un effet de pluie paraissait alors, et était en effet, une grande révolution. »

Au Salon de 1861, le critique Jean Rousseau le constatait aussi :

« Voici qui sort tout à fait des traditions du paysage moderne. Ce n’est plus une étude brin d’herbe à brin d’herbe. L’imagina­ tion se mêle à la chose observée, le site est dramatisé, comme s’il s’agissait d’une scène humaine … l’admire cette originalité, cette invention, cette verve pittoresque … M. Paul Huet est le maître romantique du paysage moderne.  »

JACQUE Charles Emile

Paris 1813 – 1894

C’est en 1849 qu’il arriva à Barbizon y amenant Millet dont il était l’ami.

Charles Jacque « tient une grande place dans l’histoire du village de Barbizon » constate, très justement. Gassies des Bru­ lies. Il y attira de nombreux artistes et fit de nombreux élèves.

Sa prédilection pour les sujets de bergerie lui valent le titre de « Raphaël des moutons « .

Il exposa au Salon de 1861 « Intérieur de bergerie », œuvre qui fut très remarquée. Au Salon de 1888, ce fut un « véritable triomphe » qu’il remporta avec » Le Grand Troupeau « .

(Coll. Chrysler Junior, USA.)

Réputé comme graveur, il exposa des eaux-fortes au Salon. à partir de 1845.

Ce fut aussi un brillant caricaturiste :

« Jacque, l’excellent artiste, à l’intelligence multiple, a été aussi occasionnellement un recommandable caricaturiste. En de­ hors de ses peintures et de ses gravures à l’eau-forte, où il s’est montré toujours grave et poétique, il a fait de fort bons dessins grotesques … Il dessine richement et spirituellement, et sa cari­ cature a, comme tout ce qu’il fait, le mordant et la soudaineté du poète observateur. »

« Ch. Jacque déploya un grand talent dans ses bergeries et ses basses-cours. Il en connut admirablement les mœurs et les figures qu’il rendit parfois d’un pinceau un peu triste… mais toujours d’un juste caractère. Des artistes qui l’ont connu ont affirmé que parfois son influence a eu de l’action sur Millet et sur Rousseau lui-même. »

Jules Breton: « Nos peintres du Siècle» (1899).

225 LETTRE autographe de Charles Jacque, signée, non datée.

« … je peux faire ici des essais très intéressants. Vous aurez bientôt la description des terrains qui sont à ma disposition, pour des essais de plantes mais je voudrais élever une gallinacée très précieuse d’un prix élevé et d’un bon avenir. l’espère que vous m’en fournirez bien les etalons, Le prix n’y fera rien … »

Anc. Collection : Janine Naert, Librairie Saffroy.

Collection Mairie de Barbizon.

Charles Jacque dans son atelier parisien.

Sur le chevalet une grande composition Le grand troupeau acquise plus tard par la Fondation Chrysler aux U. S.A. (Doc. photo. de 1889.)

Les poulaillers et les asperges

Charles Jacque avait installé à Barbizon un élevage important de coqs et de poules de toutes races. Il écrivit un livre: « Le Poulailler » (texte et dessins de Ch. Jacque, gravures sur bois de A. Lavieille), jugé très documenté, sur la question. Il remplaça, plus tard, cet élevage par une culture d’asperges.

Ses expériences avicoles ne l’empêchèrent nullement de pein­ dre ses paysages bucoliques agréablement peuplés de moutons.

KNAUS Ludwig

Wiesbaden 1829 – Berlin 1910

En France de 1852 à 1860.

Se trouve en 1855 à Barbizon où « il se levait à trois heures du matin pour aller travailler d’après nature  » (G. Gassies : op. cit.)

Ami de Munkacsy.

Il étudia les « types du pays » et représenta le père Ganne, en garde champêtre, dans une scène :  » Les Bohémiens » (gravée pour le « Magasin Pittoresque », 1856 et reproduite dans ce catalogue p. 41).

Charles Blanc, rendant compte de l’Exposition Universelle de 1867, retient spécialement Knaus « dans la peinture de genre» et cite deux de ses œuvres, dont « Le Saltimbanque » (sujet pour lequel il avait une prédilection).

«< Les Artistes de mon temps », 1867).

KNYFF (le Chevalier de) Albert

Bruxelles 1819 – Paris 1885

Fréquenta Barbizon. (II figure sur le registre des pensionnaires de Ganne, en avril 1861.)

Ami et disciple de Corot, il se lia avec Millet et Rousseau dont il devint l’élève.

Il exposa les œuvres de Millet dans son atelier et lui acheta « La Batteuse de beurre ».

Installé, par la suite. à Fontainebleau il y reçoit avec faste ses amis :

« Nous avons dîné chez. de Knvi] où nous avons été reçus comme des princes, selon l’expression de Diaz : » (Lettre de Millet à Sensier, 22 août 1865).

Il assista à l’enterrement de Rousseau.

  1. de Knyff « ami d’Alfred Stevens, appartient avec Coose­ mans, les frères de Cock, au petit groupe des peintres belges qui gravitent aLllour de l’Ecole de Barbizon. »
  2. Haesaerts : « Histoire de la Peinture moderne en Flandre ». (1960).

LAFENESTRE Gaston

Melun 1841 – Barbizon 1877

« Un des fidèles de chez Siron fut l’aimable Gaston Lafenestre qui avait appris de Ch. Jacque à peindre des moutons et qui fut un des ses bons élèves  » (G. Gassies).

Il habita longtemps Barbizon qu’il quitta pour aller résider, quelques années, à Roscoff.

En 1864, alors qu’il se trouvait à Barbizon, il présenta trois œu­ vres à l’exposition des Beaux-Arts de Melun.

A partir de 1866, il exposa régulièrement au Salon.

A la guerre de 1870, il est lieutenant de garde mobile à Barbizon.

LAVIEILLE Eugène Antoine Samuel

Paris 1820 ~ 1889

Après avoir séjourné, à de nombreuses reprises, chez Ganne et décoré son auberge, il habita à Barbizon, dans la Grande rue, pendant plusieurs anées.

Grand ami de Corot, dont il est le disciple préféré, fréquente aussi Anastasi, Chintreuil, Daubigny, Rousseau, Diaz. il est témoin au mariage de Millet.

D’après A. M. de Belina : « sa misère finit le jour où il connut Millet, Bodmer et Jacque» «< Nos peintres dessinés par eux­ mêmes ». 1883).

A l’occasion du Salon de 1855, où il expose : « BarbiZOI1 en janvier », Baudelaire écrit: « Eugène Lavieille est un parisien de beaucoup d’esprit qui passe l’année à Barbizon au milieu des bois. »

Baudelaire remarque Lavieille parmi les élèves doués de Corot, au Salon de 1859 :

«    … Depuis quelques années, les paysagistes ont plus fréquem-

ment appliqué leur esprit aux beautés pittoresques de la saison triste. Mais personne ne les sent mieux que M. Lavieille. Quel­ ques-uns des effets qu’il a souvent rendus me semblent des ex­ traits du bonheur de l’hiver. Dans la tristesse du paysage, qui porte la livrée obscurément blanche et rose des beaux jours d’hiver à leur déclin, il y a une volupté élégiaque irrésistible que connaissent tous les amateurs de promenades solitaires.  »

Baudelaire : « Les Salons » (p. 1080).

2 3 2 LETTRE autographe de Lavieille à un ami, signée et datée

(17 septembre 1852) « A Barbizon, près Chailly, par Melun (Si-s-Marne) »

« Mon cher ami,

Nous sommes enfin installés, ça n’a pas été sans peine et tri­ bulation; bien m’a pris de venir le mois dernier, j’ai pu profiter au moins, pour les occupations de l’emménagement, des quelques longs et beaux jours d’août.

« Notre maison est sinon belle, au moins à peu près conforta­ ble. J’ai, quant à moi, un atelier plus beau que celui que j’ai laissé à Paris, il est aussi grand et de plus j’ai une vue dont tu pourras aisément te faire une idée, quand tu sauras qu’indé­ pendamment de mon jardin et de la campagne, je vois encore la lisière du splendide Bas Bréau. Je peux étudier, sans sortir de chez moi; en me reculant de mon chevalet je vois alors la belle et bonne nature âu Bon Dieu.

« J’ai repris mes tableaux laissés de côté au milieu des em­ barras de ce déplacement. On nous a dit que le Salon prochain était annoncé et que SOI1 ouverture était fixée au 1er mars 1853. C’est donc une pioche, mais une gentille pioche qu’il faut em­ ployer pour arriver à cette exibition, j’aurai, je l’espère, les trois tableaux promis.

« As-tu des nouvelles de Monsieur Corot. Sais-tu où il est ?

S’il est à Paris, dis-le moi, je te prie. Je désirerais le mettre au courant de ma nouvelle existence, en attendant fais lui mille amitiés pour moi … Je t’envoie ci-joint les notes concernant la vie de Michel Sensier, on a le double. Je ne sais, puisqu’il avait l’intention d’en faire usage, s’il ne serait pas bon que tu le visses pour cela, dans le cas où cette démarche te contrarierait, il est bien entendu que tu t’es procuré ces notes ailleurs que par moi, sa fille et sa femme habitaient la même maison que moi, rue de Bréda 28. Tu as connu Lecointe, le prix de Rome, tu peux avoir connu Gabé … Vois-tu Diaz, ne le perd pas de vue ! …

… J’attends toujours, hélas, des nouvelles du Ministère et elles ne viennent pas vite, on m’a cependant bien promis que mon tableau était acheté et bien que je compte sur la parole qui m’a été donnée, je suis très inquiet et commence à être fort gêné … »

Ancienne Collection J. Naert.

Collection Mairie de Barbizon.

LEDIEU Philippe

Quincy (S.-&-M.) vers 1810

Avec son frère Alexis, furent, d’après Sensier, « les premiers habitués » de Barbizon. Ils s’y trouvaient de 1848 à 1851.

Ce « peint’à Ganne  » participe à la décoration de l’Auberge. Par la suite, il s’installera à Chailly (y résida, notamment, en 1872.)

LIER Adolphe Henrich

Herrnhut 1826 .- Wahren 1882

Elève de Zimmerman.

Lié avec Corot, Daubigny et Rousseau.

Se trouve à Paris en 1861 et se rend à Barbizon.

LOMBARD Louis

1830 –

Il est l’un des  » derniers survivants des anciens colons de Barbizon » (G. Lafenestre). Il habitait dans la rue des Fermes, à Barbizon et prenait ses repas chez M. Marteau Louis puis chez Mme Claude,gardienne de la chapelle de Barbizon.

Il se trouvait à Chailly, le 22 décembre 1868 pour le « service du bout de l’an » à la mémoire de Rousseau (Lettre de Millet à Sensier 23 déc. 1868).En 1870, à 40 ans, il s’engagea dans la garde mobile. Auteur de : « La Religion du vrai ». 1902.

MARCKE (Van) Emile

Sèvres 1827 – Hyères 1890

Ce paysagiste français, d’origine flamande, fut l’élève et l’ami de Troyon dont il subit l’influence, tout en conservant un style personnel. C’est principalement en Normandie qu’ir exécuta la plus grande partie de son œuvre.

Il séjourna à plusieurs reprises à Barbizon (assista en 1867, aux obsèques de Rousseau, à Chailly).

MENN Barthélémy

Genève 1815 — 1893

En 1838, ayant fait la connaissance de Corot, de Daubigny et des autres peintres du groupe de Barbizon, fait participer ces peintres au Salon de Genève, en 1857, 1859 et 1861.

En 1867, il loge à Barbizon.

MILLET Jean-François

Gruchy, Cne de Gréville (Manche) 1814. Barbizon 1875.

En 1849, « fuyant le choléra -. il quitte Paris et se rend, sur les conseils de Charles Jacque, lui-même renseigné par Diaz, à Barbizon, avec sa famille.

Il est veuf, depuis 1844, de Pauline Virginie Ono, avec laquelle il s’était marié en 1841 et vit avec Catherine Lemaire qu’il a connue en 1845. J.I se mariera avec elle, à Barbizon le 12 janvier 1853. (Le mariage religieux n’aura lieu que le 3 janvier 1875, peu de jours avant sa mort).

Millet, sa compagne, leurs trois enfants (il en aura neuf) et une servante, ne trouvant pas un gîte à l’auberge Ganne, passent leur première nuit dans un bâtiment de ferme de la Grande rue, situé à l’extrémité du village, du côté de la plaine, appartenant à Jean Gatelier, dit Petit-Jean et composé de deux pièces et d’un grenier.

dharles Jacque, venu de Paris en reconnaissance quelque temps avant, loua Grande rue, deux maisons contiguës. Celle de Millet a, aujourd’hui, disparu mais la grange qui lui servait d’atelier a été conservée en l’état. Celle de Jacque, dont il se rendit acquéreur, fut revendue, par lui, à Sensier.

A part quelques voyages effectués en Auvergne et en Nor­ mandie, Millet ne quitta plus Barbizon jusqu’à sa mort. le 20 janvier 1875.

La première fois qu’il fut accueilli chez Ganne, il fut convié par Nanteuil à tirer une bouffée d’une énorme pipe, afin de savoir si on devait » le placer  » – suivant la couleur de la fumée – dans l’Ecole » classique  » ou dans l’Ecole » coloriste « !

René Ménard dit que Millet refusa de se soumettre à cette coutume imposée à chaque arrivant. et répondit, en souriant : « Placez-moi dans la mienne! »

De 1849 à 1875, Millet, abandonnant la peinture de scènes bibliques, qui le firent comparer à Poussin, se consacra à la représentation de la vie des paysans, célébrant le travail des champs avec noblesse et gravité.

« L’écho des campagnes, les églogues, les durs labeurs, les inquiétudes, les misères, les sérénités, les passions de l’homme voué au sol, il saura tout traduire. Et le citadin s’apercevra un jour qu’on peut « faire servir le travail au sublime » et faire surgir des actes les plus ordinaires de la vie, un noble et grand spectacle ».

Sensier : « i-F. Millet », 1881.

« Millet a su donner à ses paysans une allure épique, une rigidité de ligne et de plastique qui ne saurait trop nous ensei­ gner » écrit Redon.

261

Au Salon de 1853, Millet obtint la seconde Médaille, avec « Le Repos des Moissonneurs ». A celui de 1857, avec « Les Glaneuses» et surtout avec « l’Angélus  » (peint en 1859), il acquit la célé­ brité.

« fi l1’y a pas de nature si grossière – disait Th. Gautier – qui ne puisse être relevée par le style, M. Millet en est un exemple. Ses moissonneurs ne sont pas beaux certes, mais il y a en eux une force secrète, une robustesse singulière, une rare science de la ligne et d’agencement, un sacrifice intelligent des détails, une simplicité de tOI1 local, qui donnent à ces rustres on ne sait quoi de magistral et de fier; certains de ces patauds couchés étalent des tournures florentines et des attitudes de statues de Michel-Ange. fis ont, malgré leur misère et leur laideur, la majesté de travailleurs en contact avec la nature ….  »

Toutefois les tenants de « l’Académisme» ne tolèrant que les thèmes « élevés » inspirés de la mythologie, de la Bible ou de l’histoire, jugent les sujets de Millet « vulgaires ». « populaires », « triviaux » …

Même Baudelaire, qui décerne des éloges à certains « pom­ piers » demeurés inconnus, considère que « les paysans de Millet sont des pédants qui ont d’eux-mêmes une trop haute opinion. Ils étalent une manière d’abrutissement sombre et fatal qui me donne envie de les haïr … Au lieu d’ext raire simplement la poésie naturelle de 5011 sujet, M. Millet veut, à tout prix, y ajouter quelque chose. »

(Salon de 1859).

On lui reprocha aussi de vouloir exposer dans ses œuvres l’idéologie révolutionnaire de 1848, influencé par Proud’hon, Courbet et Daumier. Or, Millet, esprit religieux, nourri de la Bible, se désintéressait des combats politiques.

Il y eut, cependant, des esprits clairvoyants qui surent distin­ guer son « réalisme » de celui de Courbet et de Daumier. Th. Pelloquet, par exemple, qui écrivait dans le « Journal du Salon de 1863 » :

« Les partisans du réalisme le tiennent au contraire pour un romantique el pour UI1 académicien, ce qui est la même chose à leurs yeux. Millet n’est rien de tout cela. Il cherche conscien­ cieusement dans le spectacle des hommes et des choses de son temps les grandes lois qui ont guidé les maîtres et il les retrou­ ve. Il les applique à sa façon, c’est là son originalité et sa force, une très grande originalité et une très grande force que personne, en France du moins, n’a eues avant lui, et que personne ne possède à côté de lui au même degré. »

Au sujet de ce « réalisme « , Raymond Cogniat et Daniel Wil­ denstein estiment que :

« le témoignage populaire de Millet est aussi puissant et pour le moins aussi profond [que celui de Courbet et de Daumier] mais fait partie de son être d’une façon fondamentale et n’a pas besoin de grossissement pour se manifester. Son réalisme est une certitude, un enracinement si intime qu’il échappe à la fonction politique et qu’il fait organiquement partie de l’être. (Préface du Cat. « J.-F. Millet et ses amis peintres de Barbi­ zon », 1970, Tokio, Kyoto, Fuknoka).

Pour le barbizonnais André Billy « la peinture de Millet est à la fois morale et empreinte de cet amour de la vie simple et naturelle qui est au fond de l’âme protestante», Cela explique­ t-il que Van Gogh, en pleine possession d’un métier original, ait demandé à Millet – le traditionnel – une leçon de style ?

Quant à Millet, il répondit lui-même aux critiques dans une lettre à Sensier, du 30 mai 1863, demeurée célèbre :

« … Dans quel club mes critiques m’ont-ils rencontré? Socia­ liste! Mais, vraiment, je pourrais leur répondre ce que disait, sur une charge, le commissionnaire auvergnat écrivant à son pays: « On dit comme cha au pays que j’étais Chainchimonien cha n’est pas vrai, je ne sais pas che que ch ‘est ». On ne peut donc pas tout simplement admettre les idées qui peuvent venir dans l’esprit à la vue de l’homme voué à gagner sa vie à la sueur de son front ? »

Puis, comme on lui reprochait aussi de ne pas aimer la Nature, il rispostait par ces lignes qui constituent son « credo» :

«               … Il en est qui me disent que je nie les charmes de la

campagne. J’y trouve bien plus que des charmes : d’infinies splendeurs. J’y vois, tout comme eux, les petites fleurs dont le Christ disait : « Je vous assure que Salomon même, dans toute sa gloire, n’a jamais été vêtu comme l’une d’elles. » Je vois très bien les auréoles des pissenlits, et le soleil qui étale là-bas, bien loin par delà les pays, SÇl gloire âans les nuages. Je n’en vois pas moins dans la plaine, tout fumants, les chevaux qui labou­ rent; puis, dans un endroit rocheux, un homme tout errene, dont on a entendu les han! depuis le matin, qui tâche de se redresser un instant pour souffler. Le drame est enveloppé de splendeurs. Cela n’est pas de mon invention, et il y a longtemps que cette expression « le cri de la terre» est trouvée. Mes criti­ ques sont des gens instruits et de goût, j’imagine; mais je ne peux me mettre dans leur peau; et, comme je n’ai jamais de ma vie vu autre chose que les champs, je tâche de dire comme je peux ce que j’ai vu et éprouvé quand j’y travaillais. Ceux qui voudront faire mieux ont certes la vie belle … »,

(Moreau-Nélaton qui a retranscrit cette lettre a remplacé « vie » par « partie »!)

BERGERE GARDANT SES MOUTONS

Musée du Louvre.

« Si ce tableau est moins célèbre que « l’Angélus ». il n’est pas moins digne de notre admiration. Même il n’est pas défendu de le préférer à l’Angélus! »

Louis Hautecœur.

Dans cette bergère on a reconnu les traits de Louise. l’une des filles de Millet.

Au Salon de 1864, dans « Le Grand journal  » (15 mai 1864) Castagnary s’écriait: « Saluons d’abord Millet. C’est un maître et sa « Bergère » un chef-d’œuvre … Si vous jugez de la valeur d’une œuvre par la profondeur de l’émotion qu’elle excite en vous, cette humble idylle doit être regardée comme une des importantes pages du Salon. Le grand artiste y a mis tout son cœur, toute son âme. Ceux qui l’accuseraient d’exagérer, comme à plaisir, la laideur de nos paysans, seront satisfaits cette fois; la jeune bergère a toute la beauté et même toute la grâce rusti­ que que comportent sa condition et sa race. »

En 1895, Henri Vuagneux dressant la liste des 50 tableaux les plus chers du Monde, mentionnait trois Millet parmi lesquels, et en premier lieu : « La Bergère », évalué à un million de francs … or.

Portrait de Millet, par Nadar.

« J’ai l’air d’un chenapan qu’il ne ferait pas bon de rencontrer au coin d’un bois « , estimait Millet.

(Moreau-Nélaton : op. cit.)

Portrait de Millet, par Cuvelier. (1862)

Un ami faisait remarquer à Millet, au sujet de ce portrait :

« Tiens, quel beau chouan, avec quelle mâle crâ­ nerie il présente sa poitrine de rebelle vaincu aux bal/es du peloton qui va faire feu sur lui! »

« Oui, répondit Millet, c’est bien cela, je fais face à l’ennemi. Cuvelier est un homme d’esprit doublé d’un philosophe. »

 »

« Dans les moutons qu’on vient de tondre, j’ai cherché à exprimer cette espèce d’hébétement et de confusion qu’éprouvent les moulons quand on vient de les dépouiller, et aussi la curiosité el l’établissement de ceux qui ne sont pas encore tondus .en voyant revenir parmi eux des êtres aussi nus. J’ai tâché de faire que l’habitation ail bien un air rustique et paisible; qu’on puisse supposer le clos en herbe, qui est derrière, où sont plantés les peupliers qui doivent l’abriter; enfin, que cela ait un air d’assez antique fondation pour que des générations y aient vécu … »

Lettre de Millet à Thoré, du 18 février 1862.

Dans une lettre à Sensier où il fait état de cette lettre, Millet écrit:

« Je voudrais que les êtres que je représente aient l’air voués il leur position et qu’il soit impossible d’imaginer qu’il leur puisse venir à l’idée d’être autre chose. Gens et choses doivent toujours être là pour une fin. je désire mettre bien pleine­ ment et fortement ce qui est nécessaire, car je crois qu’il vau­ drait presque mieux que les choses faiblement dites ne fussent pas dites, parce qu’elles en sont comme déflorées et gâtées, mais je professe la plus grande horreur pour les inutilités (si brillantes qu’elles soient) et les remplissages, ces choses ne pouvant donner d’autres résultais que la distraction et l’affaiblissement … »

HOMME MARCHANT ET BŒUFS

Dessin au crayon noir 0,600 X 0,290

« Millet trouva dans le dessin, la plus haute expression de son génie solitaire … le sentiment qu’il a de toutes choses est fait d’émotion grave et contenue; il n’est si humble élément qui ne soit pour lui source de poésie … »

Pierre Lavallée: « Le dessin français », 1948.

12 – L’ATELIER DE MILLET ET SON HABITATION (1863) (dessin de Gassies)

« L’ habitation de Millet était relative­ ment neuve; elle était couverte en tuiles. On y accédait à travers un jardin, où je me rappeUe l’avoir trouvé un jour en train de labourer la terre avec ardeur. « C’est ma santé» me dit-il en me mon­ trant sa bêche. Il se plaisait d’ailleurs à tous les travaux champêtres qui avaient été ceex de sa première jeunesse ». »

  1. Wheehwright (op. cit.)

65 – LES GLANEUSES Gravure 0,190 x 0,252 (1855) (Bibliothèque Nationale, Paris)

André Billy évoquant ce premier vers du sonnet de Banville: « 0 Millet sous les vastes cieux », écrivait:

« Combien de fois … ne m’est-il pas revenu à l’esprit, au cours de mes promenades dans cette plaine dont l’horizon forme le fond de tant -de ses tableaux 1 Assurément Barbizon doit sa réputation à sa forêt, mais ce qu’il offre de plus beau, c’est peut-être sa plaine, chère à Millet. Que les crépuscules y sont émouvants 1 Quelle somptuosité dans ses couchers de soleil 1 … »

«< Millet à Barbizon » : Jardin des Arts, juin 1965.)

250 LA CARDEUSE (1856)

Eau-forte, 0,256 X 0,177.

Th. Pelloquet, à son sujet, écrivait

« Je ne sais quoi de calme, d’imposant, d’élevé qui attire …

Si je possédais une de ces galeries qui font l’orgueil de l’Italie, je placerais volontiers « La Cardeuse » de Millet, entre un Andrea deI Sarto el un Raphaël. Je crois que ces d’eux nobles génies ne rougiraient pas d’un pareil voisinage. »

45 – Actes d’État Civil de la Famille MILLET

BAPTEMES des enfants de Millet :

Léontine Louise MILLET, du 20 septembre 1856. Le parrain était Alfred Sensier, la marraine Elisa Rousseau, née Gros.

J.-François MILLET, du 21 septembre 1856.

Le parrain était Th. Rousseau, la marraine Mme Daumier.

3) Emilie Henriette MILLET, du 4 août 1861.

(Registres de la Paroisse de Chailly)

Charles Louis Emile, du 4 août 1861.

Le parrain était Diaz, la marraine Léontine Louise MILLET.

Jeanne                  Julie         Augustine

MILLET, du 4 août 1861.

Ces deux derniers actes portent les signatures de MILLET et de ROUSSEAU.

J.-F. MILLET et sa FAMILLE (en 1854)

d’après un daguerréotype. (B. Nat.)

« Dieu bénit les grandes familles » dit le proverbe. M. François Millet a toujours été de cet avis. Son père avait neuf enfants, il en a neuf à son tour, tous vigoureux, tous aimables, tous adorés ».

Piédagnel : «Millet chez lui », 1875.

PORTRAIT de PAULINE ONO en BLEU (première femme de Millet) par Millet ( « musée de Cherbourg »)

PORTRAIT de CATHERINE LEMAIRE (seconde femme de Millet)

d’après le dessin de Millet,

Collection Georges Petit.

L’Angélus et son aventure

264 L’ANGELUS (de Millet) gravé par Frédéric Jacque.

(Collection Marcel Jacque).

L’Angélus – d’un réalisme fruste mais expressif – possède un point commun avec la Joconde, c’est d’exer­ cer sur le public le même pouvoir attractif. Répandues dans tout le monde sur les supports les plus divers et les plus imprévus, les reproductions de ce tableau l’ont à tout jamais popularisé.

Van Gogh, dans une lettre à Théo, disait que « c’était de la poésie » ; Paul Gsell que « cette prière du soir était sublime … remplie d’une beauté mystique – : Roger Peyre que c’était « une des œuvres les plus religieuses du XIX’ siècle » qui « montre le cléricalisme abrutissant les classes rurales « .

Un « Membre du Conseil Supérieur des Beaux-Arts et ministre transitoire y voyait le « résultat de la fausse politique d’Henri IV qui n’avait pas su profiter de sa victoire sur la Ligue pour déchristianiser la vieille France et particulièrement le paysan français « .

D’autres ont considéré  » l’Angélus » comme un défi à Courbet et aux révolutionnaires de 1848 ..

LES ACQUEREURS SUCCESSIFS de L’ANGELUS

273 LETTRE aurographe de Paul Tesse à Alfred Robaut, du 6 juillet 1889 (signée)

C’est un document très intéressant concernant les acqué­ reurs successifs de l’Angélus et les prix payés par eux, jusqu’à ce qu’il soit acheté par le Louvre.

« … au mois de février 1864, Millet me livra un tableau

« La Grande Bergère » que je lui payais 2000 frs. Plus tard, je ne me rappelle plus la date, j’envoyais ce tableau à une exposition à Bruxelles. M. van Pr aet , ministre de la Maison l’y vil et me pria instamment de le lui céder, moyennant 6000 [rs, ce à quoi je consent is.

« Au moment de me solder il me proposa de me donner 3000 [rs argent et l’Angélus que lui-même avait payé je crois 3000 [rs.

« Voilà comment je suis devenu possesseur de l’Angélus que j’ai conservé un certain temps et que j’ai cédé à M. Gavet pour 3500 [rs. M. Gavet vendit l’Angélus à Durand­ Ruel pour 30 ou 32000 [r s et ce dernier à M. WilSon pour 37 ou 38000 [r s, puis vint la vente de Wilson et tu sais le reste.

« J’ai toujours ouï dire que l’Angélus avait été acheté tout d’abord 800 frs par Moureau, un marchand qui était établi rue Lafitte et qui eut bon nombre de tableaux el dessins de Millet.

« De Moureau, il passa, sans doute, ent re les mains de M. Feydeau et de là, par l’intermédiaire d’Art. Stevens chez M. Praet qui, comme je te l’ai dit, n’a pas’ dû le payer plus de 3000 frs.

« Ce sont tous les renseignements que je puis te don­ ner.

« Tout cela n’empêche pas que le prix de 55300 frs soit tout à fait exorbitant.

« Sans m’inquiéter si le Louvre a bien ou mal fait d’ac­ quérir cette œuvre, je me demande si cette grosse somme ne pouvait être mieux employée. A mon avis l’Angélus n’est pas le chef-d’œuvre du maître, sa grande’ réputation lui vient surtout de son gros prix ..

Collection Janine Naert, Librairie Saffroy.

Le « Complexe de l’ANGÉLUS»

Puis, on a beaucoup discuté. sur le lieu où se situait « l’Angélus » (un champ situé entre Chailly et Barbizon, au lieudit » Les Roches ,,) et sur le titre même du tableau (le titre initial «La Mauvaise récolte de pommes de terre » aurait été changé par Millet sur la suggestion de Rousseau et de Diaz). Pour le justifier Millet aurait alors ajouté le clocher de Chailly (mais on estime qu’il s’agit du clocher de Perthes, en raison de la vaste perspective de plaine qui ne pourrait exister s’il fallait admettre celui de Chailly, plus proche de la forêt. La forme de ce dernier est d’ailleurs plus écrasée.)

En 1923, on épilogua pour savoir si Millet avait repré­ senté l’angélus du matin ou l’angélus du soir. La majorité des critiques conclut que c’était l’angélus du soir, pour la raison évidente que « les brumes rougies dans lesquelles la plaine s’endort appartiennent au couchant » !

Un détail d’ailleurs est significatif: un sac de pommes de terre est rempli et un autre presque plein. Le matin, ils seraient vides!

L’angélus selon Dali

MYTHE TRAGIQUE DE L’ANGELUS de MILLET

par Salvador Dali (J.-]. Pauvert, 1963)

Interprétation « paranoïaque-critique ».

Salvador Dali, s’est livré à de curieuses spéculations sur le manque absolu de « cohésion intellectuelle » de l’œuvre, sur l’érotisme symbolique des extases mystiques qu’elle évoque, découvrant notamment dans la position de la femme,

« l’attitude hystérique de l’attente de l’agression sexuelle illustrée par la mante religieuse. »

LANGELUS DE GALA

(Repr. d’une toile se trou­ vant au Musée d’Art moderne de N.-York, extraite de « Dali de Gala » ).

Dans ce portrait de Gala, Dali a représenté sur le mur le tableau « L’Angélus », S’appuyant sur les théories de Freud qui croit voir dans « La Vierge sur les genoux de Ste-Anne » du Vinci, une névrose homosexuelle, Dali sou­ tient que les deux paysans pieusement inclinés sont un exemple de refoulement sexuel.

L’ANGELUS interprété par Salvador DALI

Quatre gravures originales parmi les 42, gravées par lui, illustrant : « Les Chants de Maldoror» (Skira, 1934)

Collection Pierre Argillet.

Avec l’Angélus, il évoque « Les Glaneuses » et « La Retraite de Russie » de Meissonier qu’il admire pour « sa passion de l’exactitude et du détail véridique » et qu’il considère comme un « énorme personnage. » (( Hommage à Meissonier »],

ATAVISME DU CREPUSCULE

(Repr. d’un tableau se trouvant dans une collection particulière, extraite de « Dali de Gala» de Robert Des­ charmes, Edita 1962) .

POP, OP, YES, POMPIER

(RepI. d’une toile d’un tableau se trouvant dans une collection privée américaine extraite de «Dali, Dali, Dali », Draeger 1974).

« Gala regardant Dali en état d’antigra­ vitation au-dessus de son œuvre d’art : « Pop, Op, Yes, Yes, pompier » dans laquelle nous pouvons contempler les deux personnages angoissants de l’Angélus de Millet en état atavique d’hibernation, devant un ciel qui peut soudainement se transformer en. une gigantesque croix de Malte, au centre même de la gare de Perpignan vers laquelle tout converge. »

270 L’ANGELUS interprété par Jacques PREVERT

271 «< Le Monde des Grands Musées », 1973).

L·.\;\GI;LUS PAR ~I!LLET

– Prions, mes frères, pour les pommes de terre malades.

272 Hadol : Caricature de 1’« Angélus» dans «La Vie parisienne» (1865)

RADIOGRAPHIE de L’ANGELUS

A la demande de Salvador Dali, qui prétend que le couple prie devant la tombe de leur enfant, une radiogra­ phie du tableau a été effectuée par le Laboratoire de Recherches des Musées de France

Il est à signaler qu’avant Dalr, notamment en 1865, puis en 1959, sous la plume spirituelle d’André de Fouquière, pareille hypothèse avait été formulée.

Voici le rapport rédigé, à ce sujet, par Mme Madeleine Hours, Directrice du Laboratoire, le 15 juillet 1963 :

« Le 13 juin 1963 … nous avons fait, à la demande du peint re Salvador Dali, une étude radiographique de ce ta­ bleau. JI a été nécessaire d’utiliser des rayons de 60 kw, car le tableau a été rentoilé et la pénétration en est dif­ ficile.

« L’image radiographique est très peu contrastée, on y trouve les traces de déchirures dues à l’attentat subi il y a quelques années.

« Les silhouettes se détachent, faiblement lisibles, en sombre sur un fond gris. Il n’y a aucune transformation de la composition, au moins en ce qui concerne l’attitude des personnages.

« Le panier, situé au centre de la composition est à peine discernable. Par contre, il apparaît au centre, à la partie inférieure, un quadrilatère sombre assez difficilement ex­ plicable. C’est celte partie qui a permis au peintre Salva­ dor Dali d’accréditer la thèse qui voudrait qu’il y ait là une fossé ou un cercueil recouvert ensuite par le panier.

« Le peu de visibilité du film ne permet pas de l’aiiir­ Iner. »

Alors? Tombe? Repentir du peintre ou l’une des nom­ breuses restaurations du tableau, notamment par Cosson et par Garnier qui l’aurait réparé après la lacération de plusieurs coups de couteau donnés le 13 août 1932, par un « jeune ingénieur» de Rouen. (Le même qui, à 67 ans, lacéra la « Vierge aux Anges » de Rubens, le 8 janvier 1968).

Pour Dali, cette « masse sombre  » serait bien un « cer­ cueil devant lequel sont recueillis les deux personnages. »

… ET L’AVIS de l’AUTEUR de « l’ANGELUS» !

Lors de ces controverses, on oublia de se référer à l’au-­ leur du tableau.

Dans une lettre à Siméon Luce, du 16 mars 1865, Millet écrit:

« Je ne puis vous dire autre chose de l’Angélus sinon que je l’ai fait en pensant comment, en travaillant dans les champs, ma grand/mère ne manquait pas, en enten­ dant chanter la cloche, de nom faire arrêter notre beso­ gne pour dire l’angélus pour se.r pauvres morts, bien pieusement et le chapeau à la main. »

MUNKACSY Mihaly

MunkàcJ 1844 – 1900

A Barbizon en 1873-1874 à l’hôtel Siron, avec son compatriote Laszlo de Paàl.

Très liié avec Knaus. Accompagnait le prince de Wrede lors de la vente aux enchères Secrétan de « L’Angélus» (1er juillet 1889).

 » La plus grande figure hongroise de la tendance réaliste est incontestablement M. Munkàcsy».

NANTEUIL Célestin François

Rome 1813 – Marlotte 1873

Chez Ganne en 1849 avec Thomas Couture. Il y accueille Mil,let.

Participe à la décoration d’un grand panneau de bois de l’au­ berge, (l’encadrement d’un motif central de Rousseau).

Il reproduisit à l’eau-forte ou en lithographie des tableaux de Delacroix, de Decamps et de Couture.

Ce romantique fut l’initiateur du style « troubadour  » dont il orna les livres de frontispices charmants mais un peu désuets.

En 1il67, il succéda à Louis Boulanger comme conservateur du Musée de Dijon.

C’est au cours d’un séjour chez son ami, le peintre Abel Orry, à Marlotte, qu’il mourut subitement. Il repose au cimetière de Bourron-Marlotte.

LETTRE autographe de Célestin Nanteuil à l’actrice Marie Dorval

(pour laquelle il éprouva une passion aussi fervente que dis­ crète l ) signée, datée de Paris, le 21 septembre 1835. (4 pages illustrées de six dessins à la plume).

« A toutes les couronnes que vous devez. recevoir chaque soir, perniet t er-nioi, Madame, de joindre la mienne, je suis sûr qu’elle arrivera toujours à propos. Malheureusement pour moi je ne peux vous en adresser qu’une et ne puis pas vu us la donner moi-mëme.

LETTRE autographe cie Célestin Nanteuil à Bertaut, du Hl juillet 18()7, signée, alors qu’il étai t Conservateur du Musée de Dijon (avec en-tête de la Direction de l’Ecole Impériale des Beaux­ Arrs et du Musée de Dijon.)

NAZON François Henri

Réalmont (Tarn) 1821 – Montauban 1902

Cité parmi les peintres de Barbizon « au temps de Millet « .

« Il fut l’un des paysagistes les plus originaux; il a vu la nature et l’a rendue avec une personnalité tout à fait particulière et les rares tableaux qu’il a poussés jusqu’à l’achèvement sont vraiment très intéressants …  »

  1. Gassies (op. cit.)

Au Salon de 1863, Paul Mantz, écrivait :

« Il a toujours étudié de près la nature et sa physionomie changeante. »

OUDINOT Achille

Damigny 1820 – Paris 1891

Paysagiste, élève de Corot. Ami de Daubigny, se trouve en 1856, chez Ganne.

Au Salon de 1872 figure «Souvenir de la forêt de Fontainebleau « .

Sa fille unique épousa l’écrivain Hector Malot, l’auteur de « Sans famille ».

PAAL (Laszlo de)

1846 – Charenton 1879

Réside de 1873 à 1877 à Barbizon, sur les conseils de son ami Munkàcsy (qui fit son portrait en 1877).
Il mourut à 33 ans à l’asile de Charenton « consumé avant l’heure par l’ardeur artistique « .
Ceza Perneczky : « Munkàcsy « , 1970.
La plupart de ses toiles importantes ont été exécutées à Barbizon.
C’est à elles qu’il doit sa renommée de « meilleur paysagiste hongrois du XIX’ siècle u ,

PAPELEU (Baron Victor de)

Gand 1810 – 1881

Elève de Dupré. Séjourne fréquemment à Barbizon.

Il se trouve en octobre-novembre 1855, chez Ganne.

Il est l’un des organisateurs de la fameuse fête pour la noce de Louise Ganne. Il exposait chez Siron.

Fut l’un des possesseurs de l’Angélus qu’il revendit à Stevens. Cet amateur « distingué » dépensa toute sa fortune à créer une galerie de tableaux qu’il fut obligé de vendre, petit à petit, par nécessité financière.

Peintres de Barbizon – résidents./

DOCUMENTS ADMINISTRA TIFS

50 – Souscription volontaire pottr acheter une clochette à Barbizon.

On relève, dans ce bordereau, les noms de :

Babcock, Bodmer, Gassies, Millet …

51 – Souscription en argent et en nature pour l’empierrement du chemin faisant suite à la Grande rue de Barbizon, jusqu’à la limite de la forêt.

Parmi les souscripteurs : Bodmer, Gassies, Lombard, Millet, Papeleu …

52 – Souscription volontaire destinée à l’acquisition d1f mobilier de la classe de l’Ecole de Barbizon.

On retrouve les mêmes souscripteurs, pein­ tres sédentaires du groupe de Barbizon.

(Archives de la Mairie de Chailly-en-Bière)

PENNE (Charles Olivier de)

Paris 1831 – Marlotte 1897

Peintre de vénerie.

Dans les débuts difficiles de Charles Jacque – dont il était l’élève – il  » lui procura des illustrations à faire pour des revues d’apiculture « .

(G. Gassies).

Sur les registres de Ganne inscrit en 1853 et 1858. S’installe dans une maison de la Grande rue (aujourd’hui au n° 26) voisine de celle de son ami Gassies. Il la céda à Barye, en 1867.

Ouitte Barbizon au moment de la guerre de 1870 pour s’enga­ ger dans les zouaves.

Il se fixera ensuite à Marlotte’.

 » L’Illustration » du 29 mai 1858, reproduit son dessin « Fête de Barbizon « .

Un monument a été érigé à sa mémoire à Marlotte en juin 1905 (statuaire Le Duc, architecte Viatte).

ROUSSEAU Théodore

Paris 1812 – Barbizon 1867

Ce serait en 1827-1828 qu’il se rendit, pour la première fois, en forêt de Fontainebleau,faire des études d’après nature.

Il y revient en 1833 et loge à Chailly.

En septembre 1836, il s’installe à Barbizon, où il rencontre Diaz et Caruelle d’Aligny.

Il figure sur les registres de Ganne (de 1849 à 1861) et décore, lui aussi, l’auberge, notamment d’un » Chêne foudroyé » dans un décor de Nanteuil et de Jadin.

Il a fréquenté tous les » peint’à Ganne  » auprès desquels il jouissait d’un grand prestige étant plus particulièrement lié avec Millet et Daumier. Il était parrain d’un des fils Millet (sa femme marraine d’une des filles).

Vers 1847 il loua, dans la Grande rue, une maison et une grange qu’il transforma en atelier. A. Sensier évoque les réunions des peintres tenues dans cette grange:

« C’était là, sous un même toit de. tuiles, dans cette grange sans portes, avec ses inurs de grès bâtis à la terre pour quelque antique bûcheron, que nous nous rassemblions avec Diaz, Barye. Daumier, Millet, Diaz, Tillot … Alfred Feydeau … Diaz excitait le bon rire de Rousseau par ses caprices inattendus comme les explosions humoristiques de Goya. Daumier était en veine rabe­ laisienne, Barye pétillait de sarcasmes et d’histoires mordantes sur les pédants et les prudhomrnes, Millet ne songeait plus à ses misères et causait de S011 pays 110rmand et de ses souvenirs de famille. »

Comme pour MILLET, s’est posée pour ROUSSEAU la ques­ tion : « Est-il un réaliste ? »

Il est évident que ce partisan du retour à la Nature, fut l’un des premiers pionniers du paysage « vrai », mais à cette vision du réel s’ajoutait des sensations lyriques.

« Notre art est capable d’atteindre au pathétique que nous voulons retrouver par la sincérité de la portraiture, par la vérité exacte; en observant avec toute la religion de son cœur, on finit par songer à la vie de l’immensité, on ne copie pas ce qu’on voit avec la précision mathématique, mais on sent et on traduit un monde réel dont toutes les fatalités vous enlacent. »

Th. Rousseau

Pour René Huyghe, le réalisme de Rousseau ç n’appartient pas au réalisme de passivité, enregistreur méthodique qui se borne li appliquer une technique acquise au rendu d’un spectacle perçu. Encore la conquête progressive de ce réalisme devenu plus tard, mécanique, fut-elle une grande aventure, inscrite dans le geste de l’homme lancé à l’assaut du monde afin de le soumettre et parallèle à celle de la science. On n’a pas cessé, au demeurant, d’en goûter et d’en céléber la dernière étape conquérante: l’im­ pressionnisme. Or, Th. Rousseau, comme Corot, la prépara en s’attachant à la subtilité changeante des lumières. »

(Préface de l’exposition « Th. Rousseau « , 1968, au Louvre).

290 LE CHENE DE ROCHE

« Exposé au Salon de 1861,  » Le Chêne de Roche » est un des chefs-d’œuvre du maître. Il est permis d’y voir comme un résu­ mé de l’idée qu’il se faisait de la forêt, en tout cas c’est un des ouvrages où il a mis le plus fortement sa marque par la fermeté de l’exécution et la concentration de l’effet, par le choix des éléments pittoresques et la souplesse avec laquelle ils sont rendus, par la puissance d’une harmonie où les roches et le tronc de l’arbre, très franchement éclairés, contrastent si heureusement avec le feuillage du chêne et les trouées d’un ciel dont l’azur profond rappelle le bleu vibrant des vitraux de nos cathé­ drales. »

Emile Michel : « La Forêt de Fontainebleau ». 1909.

LE VIEUX DORMOIR DU BAS-BREAU Musée du Louvre.

Rousseau avait entrepris oe tableau au cours de l’hiver 1836- 1837 et le continua … jusqu’à la fin de sa vie.

« De ce travail intermittent se répartissant sur une longue durée est issue une peinture assez inhabituelle dans l’œuvre de Rousseau, étrange par sa conception et par sa technique. Rares furent ses paysages forestiers offrant une composition en frise aussi rigoureusement scandée par des verticales, qui ne soit pas un tout concentré sur un foyer de lumière ou un noyau d’ombre. Curieuse également fut la méthode employée. On per­ çoit des dessous aquarellés, translucides sur lesquels l’artiste revient patiemment pour apposer des accents plus forts … »

(H. Toussaint : Catalogue de l’exposition : « Théodore Rous­ seau « , Paris, 1967-1968.)

294 CHENE DE ROCHE Eau-forte 0,126 X 0,169

Collection particulière.

L’œuvre gravée de Rousseau est fort restreinte (six planches). Son « Chêne de roche » est considéré comme son chef-d’œuvre. Cette gravure fut directement inspirée par le tableau « Le Chêne de roche « , du Salon de 1861.

(Collection A. Watteau). Reproduit page 305.

« Cette gravure bien personnelle, bien caractéristique de son laient, résume l’ensemble de ses qualités intimité, force, science, amour de la nature. »

Roger Passeron : « La Gravure Impressionniste « , 1974.

Au sujet des refus opposés, par le Jury du « Salon »,à J’expo­ sition des œuvres de Th. Rousseau, Thoré-Burger , son admira­ teur passionné, écrit :

« La notoriété de Th. Rousseau commence par les protestations réitérées que la critique écrivit en sa faveur. Il était devenu célèbre avant qu’on eût pu voir ses œuvres. Durant quinze années la publicité des Salons lui ‘avait été refusée! N’était-ce pas odieux ? ..

2 9 5 LETTRE. autographe de Th. Rousseau à M. le Marquis de Chennevières, directeur des Beaux-Arts, datée du 28 mai 1861, signée «Théodore Rousseau ».

« Mon cher Monsieur,

« J’ai plusieurs fois fait demander par quelqu’un de mes amis, que mon tableau fût penché en avant, ce qui permettrait au moins de le voir, malgré la diffusion de lumière à laquelle il est en proie, dans la place qu’il occupe. Ne l’ayant pas obtenu, je viens vous faire directement cette demande, et, de plus, si vous le voulez bien permettre, vous formuler une fois pour toutes mes griefs. Les voici:

« J’ai toujours cru de mon devoir de suivre les expositions et pourtant, personne n’en a été plus découragé que moi. Veuillez prendre la peine d’ouvrir le Livret. Vous verrez à ma Notice un. espace de quinze années pendant lesquelles il m’a été défendu de le faire. Une telle proscription, notoirement reconnue injuste devrait pour le reste de ma vie, me donner des droits à choisir une place dans une Exposition ou plutôt à ce qu’on me la choisît, ce ne serait pas de trop. Loin de là, j’ai à éprouver tout ce qu’il y a de malencontreux dans les hasards de ce nombreux emmagasinage. Tel que j’y suis, j’y ai bien deux mille places à envier et vous pourrez remarquer en outre que mon tableau est presque le seul ayant cette inclinaison en arrière, tout à fait défavorable aux regards (quelque soit le jour).

« J’ose donc espérer un moment de votre attention à ce sujet; sinon, je n’aurai plus qu’à me retirer. Sans accuser personne de malveillance, il sera clair pour moi que le trouble inséparable

de ces monstrueuses expositions et le favoritisme outré qui y a pris comme des droits, ne permet plus guère à quelques artistes, seulement soucieux de l’Art et de sa dignité, de compter sur l’appréciation éclairée qu’un homme tel que vous peut faire de leurs ouvrages et, qu’ils se voient par là privés de la seule main amie qui ait à leur venir en aide dans cette indigne mêlée.

SAAL Georg

Coblence 1818 – Baden-Baden 1870

Travaille dans la forêt de Fontainebleau au cours de plusieurs séjours d’été.

Il est inscrit sur les registres de Ganne du 27 septembre au 24 octobre 1858.

« … Je signalerai comme le meilleur paysagiste de ces contrées, M. Georges Saàl qui est du grand Duché de Bade et que je soupçonne même d’être un badois de Paris. »

Ch. Blanc « Exposition Universelle de 1867  » dans « Les Artistes de mon temps », 1876.

TILLOT Charles

né en 1825.

En 1860, achète « la Taupinière ». une maison située en face celle de Millet, dont il était un ami très apprécié.

Disciple de Rousseau.i il fut l’un des rares privilégiés qui franchirent la porte « si bien close de son atelier » ,et pénétrèrent dans « le sanctuaire  » (G. Gassies).

Témoin à la rédaction du testament de celui-ci, passe avec Millet la nuit de sa mort, assiste à son enterrement qu’il conduit avec Millet, Sensier et Th. Silvestre.

Il organisa, avec ces deux derniers, une vente posthume d’œuvres de Rousseau.

Il se trouve présent lors du service anniversaire de la mort du peintre, à Chailly, avec la famille Millet, Babcock, un des fils Bodmer, Mme Ganne et « les Luniot. »

Ami dévoué et fidèle, c’est lui aussi qui aida à la vente des œuvres de Millet, après sa mort, et en rédigea la préface.

TOMBES de MILLET et de ROUSSEAU

Dans le petit cimetière de Chailly reposent Millet et Rousseau, côte à côte. La tombe de Rousseau est sur­ plombée d’un rocher posé sur des petites roches. Non loin de leurs sépultures se trouvent celles de Lafe­ nestre, de Sensier et de Bodmer. La tombe des Ganne et celle des Gassies SOnt situées à droite et à gauche de Î’entrée.

TROYON Constant

Sèvres 1810 – Paris 1865

Ami de Rousseau, de Dupré et de Diaz « dès 1839 » alors qu’il était ouvrier peintre à la Manufacture de Sèvres.

(D’après F. Bernard «Fontainebleau et ses environs -. 1853). Demeure « avant 1848 « , chez Ganne. Participe à I·a décoration de l’auberge.

Retrouve Rousseau et commence à peindre à Barbizon « où il reçoit sa véritable formation de paysagiste »

(J. Bouret: op. cit.)

En 1844, 1846 et 1848 expose au Salon des paysages de la forêt de Fontainebleau.

Il continua la tradition des animaliers hollandais : Van de Velde, Cuyp et surtout Paul Potter.

304 L’APPROCHE DE L’ORAGE

Collection particulière.

Ce tableau est une des études que Troyon exécuta sur le motif et qu’il conserva Jusqu’à la fin de sa vie.

ZIEM Félix

Beaune 1821 – Paris 1911

Du 13 octobre au 3 novembre, figure inscrit sur les registres de l’auberge Ganne (Daumier s’y trouvait depuis le 10. Il Y resta jusqu’au 20).

Fréquente les peintres de Barbizon, se liant plus particulière­ ment avec Rousseau.

Il achète à Barbizon, en 1866, une maison à l’orée de la forêt, appartenant à Charles Jacque et que celui-ci habita quel­ que temps.

Après de nombreux voyages revient à Barbizon après la guerre de 1870.

En 1860, il avait tenté de fonder une « Société d’Artistes » dont Millet, Barye, Daumier devaient être membres.

Ziem peignait dans une roulotte que décrit ainsi G. Gassies :

… une espèce de grande voiture semblable à celles des sal­ t imbanques nomades. Celte voiture était bien aménagée, les panneaux mobiles s’ouvraient quand on voulait, pour permettre de travailler d’après na/ure … sans sortir de son domicile. Il l’avait amenée à Barbizon, mais je ne le vis jamais s’en servir, quoiqu’elle semblait bien commode. »

« La peinture de Ziem, estimait Alfred Leroy, c’est l’introduc­ t ion des découvertes de l’impressionnisme et la poursuite des effets les plus audacieux dans le domaine de l’Orientalisme. »

Ses œuvres représentant des paysages de forêt sont assez rares.

« JI m’est impossible de vous décrire toutes les sensations, émotions, illusions, désillusions etc. que tous mes organes phy­ siques et moraux ont éprouvées depuis le jour où nous nous sommes embrassés pour nous séparer. Oui, mon cher, je veux en venir sur un point où vous me croirez fou si je vous racontais tout, mais bref ..
J’ai perdu deux ans et la seule consolation qui me reste c’est d’espérer de n’en pas perdre davantage, mais quelle belle leçon, j’ai vieilli!

« J’ai vu toute l’Europe. La France est le plus beau pays du monde, la lune de Marseille est plus brillante que tous les astres polaires réunis, aussi quelles douces lueurs d’espérances font parfois vibrer mon âme!

« Le temps est si long quand on se sent assez de nerf pour produire ailleurs et que tous les objets qui s’offrent il vos re­ gards sont discordants et artificiels. Pas même ces belles nuits assez claires pour que je puisse vous écrire il minuit ne peuvent m’inspirer. La nature triste, sans effet, silencieuse, s’accorde tellement avec le caractère uniforme et pacifique des gens du nord; aucune passion n’est éveillée, tout languit dans un morne repos. A peine le rossignol ose-t-il chanter! Quel contraste avec mon caractère saccadé aussi je commence il faiblir.

315 LETTRE autographe de ZIEM, signée et datée du 1 juin 1844 envoyée de St-Pérersbourg à «M. Choppin, chez Mme la Bne de Crou­seilles, rue du Bac n » 92, Paris, France ».

« Voulez-vous que je vous raconte quelques fragments de noire voyage ? En quittant notre beau et unique Paris, les larmes aux yeux, nous nous dirigeâmes sur Vienne. Toutes ces villes allemandes se ressemblent entre elles, comme les jolies femmes dont la capitale autrichienne est remplie et je puis dire aussi, comme l’empereur François il est inutile d’autoriser des maisons p. (sic) à Vienne, faites un toit sur toute la ville! »

Ziem poursuit le récit de son voyage, décrit Moscou et relate une de ses heureuses aventures. Puis, il parle de son travail :

.. J’ai fait un tableau de l’intérieur d’une rue mais la couleur est blanche part out, il n’y a aucun effet … Je suis à Pétersbourg depuis six mois et maintenant aux îles, à trois verstes … »

Il est satisfait d’avoir fait

« de bonnes affaires en Russie, puis­ que – dit-il – j’ai donné des leçons aux princes impériaux et que j’ai travaillé pour leurs altesses. Mais que j’aime mieux gagner cinq francs chez moi, que cent ici, quand bien même le soleil serait aussi brillant que celui de la France et les princesses du nord aussi aimables que nos charmantes parisiennes …

ces brèves notes biographiques sont extraites du très remarquable catalogue établi par Guy Isnard, pour l’exposition organisée en 1975 à la Salle de Fêtes de Barbizon : « Barbizon , au temps de Jean-François Millet ».

Nymphes de l'auberge GANNE N1

Pour en savoir plus : consultez aussi :

—RETOUR A L’ACCUEIL—Panoramic LE BLOG LE GUIDE1

6 réflexions au sujet de « Quels sont les « peintres de Barbizon » que vous connaissez ? »

  1. Merci Jean Michel pour cet extraordinaire travail sur Barbizon. Une MINE d’informations de connaissances que généreusement tu offres à chacun et à la commune de Barbizon.

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